Paroles d'agriculteurs : "Aller à Paris... c’est la dernière chance"

(Sébastien Louzaouen, président des Jeunes Agriculteurs du Finistère : "Hollande et son gouvernement ont une nuit pour réfléchir et trouver solutions" © Radio Francel)

Plus d’un millier de tracteurs, venus de toute la France vont bloquer Paris ce jeudi, à l'appel de la FNSEA. Après les annonces faites par le gouvernement, les agriculteurs veulent du concret et s’ils n’obtiennent rien ils prolongeront leur mouvement.

Tour à tour, les productions laitières, bovine et porcine, ont dû faire face à de nombreuses crises. La FNSEA, premier syndicat agricole du pays et celui des Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé les paysans à manifester dans Paris afin que le gouvernement réalise l’urgence de la situation. Malgré leur accord avec le gouvernement sur les dernières aides financières et réformes de fond annoncées, les agriculteurs veulent du concret et pas des effets d’annonce.

Cent cinquante tracteurs bretons participent à la manifestation organisée par la FNSEA. Tanguy est producteur laitier, installé à Plélan-le-Grand, en Ille-et-Vilaine. Il n'a pas hésité à faire ce long déplacement.

"Je me suis inscrit il y a un mois sans savoir quand ça commençait et quand ça s’arrêtait. On est à la deuxième crise laitière en six ans et ce n’est pas possible. On a le droit d’avoir une vie comme tout le monde. On ne demande pas des subventions, on n’en veut plus, on veut juste vivre de notre métier. "

Tanguy, producteur laitier, veut simplement pouvoir vivre de son métier
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"Le retour demain, on n’en sait rien"

"Aujourd’hui, tous les leviers sont activés et la fin de l’année s’annonce très, très difficile, " explique Yves-Hervé Mingam, producteur de porcs à Guiclan et responsable porc aux Jeunes Agriculteurs du Finistère.

"Le retour demain, on n’en sait rien ", prévient-il. "Je ne sais pas si quelqu’un peut dire aujourd’hui quand est-ce qu’on partira. On attend du concret après les effets d’annonce. Nous ne sommes pas là pour demander l’aumône. On veut un avenir, on a besoin d’avoir une visibilité sur notre activité. "

Yves-Hervé Mingam, responsable porc aux Jeunes Agriculteurs du Finistère, prévient que le mouvement peut s'inscrire dans la durée
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Guillaume Chartier, exploitant agricole et président de la FDSEA dans l’Oise, partage cet avis. "Ce serait dommage que ce mouvement s’enlise. C’est une opération nationale, Xavier Beulin, le président de la FNSEA, nous donnera l’ordre de lever le camp s’il estime que les avancées sont suffisantes. Malheureusement nous n’avons plus rien à perdre. "

Guillaume Chartier, exploitant agricole et président de la FDSEA dans l'Oise, ne bougera pas si Xavier Beulin ne donne pas son feu vert
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Une forte détermination

Jean Marc est  producteur de lait à Lanvellec, dans les Côtes d'Armor. Il a fait  plus de 1.000 kms pour  venir manifester avec son tracteur à Paris. "Quand on nous a demandé si on voulait venir à Paris on a dit oui. Si le gouvernement ne comprend pas c’est qu’il y a un gros problème. Aller à Paris ce n’est pas rien, c’est pour nous la dernière chance. "

C'est la manifestation "de la dernière chance, pour Jean Marc,producteur de lait à Lanvellec
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Luc, éleveur manchois qui possède 60 vaches laitières à Condé-sur-Vire. "Si on a fait l’effort de monter, c’est pour nous faire entendre du gouvernement et de tous les élus qui ont du mal à réagir. S’il n’y a plus d’agriculture on ne nourrit plus personne. "

Luc, éleveur de vaches laitières, espèrent que les agriculteurs seront entendus
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