Le journaliste Hugo Clément et son équipe interpellés en plein tournage en Australie

Le journaliste Hugo Clément lors de son arrestation en Australie le 22 juillet 2019.
Le journaliste Hugo Clément lors de son arrestation en Australie le 22 juillet 2019. (HUGO CLEMENT / FACEBOOK)

Les quatre Français filmaient des manifestants bloquant un terminal de charbon pour un documentaire diffusé à la rentrée sur France 2.

Il parle d'une "intimidation". Le journaliste de télévision français Hugo Clément et son équipe ont été interpellés en Australie, lundi 22 juillet, alors qu'ils filmaient des manifestants en train de bloquer un terminal de charbon du Queensland. Sept personnes, dont quatre Français âgés de 29, 30, 32 et 39 ans, ont été interpellées et inculpées d'intrusion sur une voie de chemin de fer du terminal charbonnier d'Abbot Point, a confirmé la police de cet Etat situé dans le nord-est de l'Australie.

Le journaliste Hugo Clément a déclaré que son équipe et lui-même réalisaient un documentaire sur l'écologie des océans pour la chaîne France 2 et filmaient pour cela des manifestants qui bloquaient l'accès au terminal charbonnier d'Abbot Point, appartenant au conglomérat indien Adani Enterprises. "Nous faisions juste notre travail. Ils ont dit que nous avions fait une intrusion, mais nous filmions dans l'espace public. Je ne bloquais pas la voie ferrée", a dit Hugo Clément à Reuters par téléphone.

Ne plus s'approcher des sites du groupe Adani

"Nous les filmions lorsque les policiers sont venus nous arrêter, sans motif. Clément [un des membres de l'équipe de tournage] a même été menotté", a-t-il expliqué dans un message mis en ligne sur Facebook peu après.

"Cette intimidation ne nous empêchera pas de continuer à enquêter sur les dangers qui menacent la Grande Barrière de corail et les océans", poursuit Hugo Clément, qui donne rendez-vous à la rentrée pour l'émission "Sur le front", diffusée sur France 2.

"On a été remis en liberté avec des conditions à respecter, c'est-à-dire de ne plus s'approcher des sites de cette compagnie, en particulier, à moins de vingt kilomètres. On n'a plus le droit d'y aller", a précisé Hugo Clément à franceinfo. "C'est une manière étrange de traiter les journalistes qui suivent les actions sur le climat."

"La volonté d'éloigner les caméras est claire"

"Dans le document que nous ont remis les policiers, il est question de cette compagnie en particulier, [...] la compagnie Adani. C'est écrit noir sur blanc, à moins de vingt kilomètres", poursuit le journaliste, remis en liberté sous caution et convoqué avec son équipe au tribunal le 3 septembre prochain. "La volonté d'éloigner les caméras, les journalistes, de ces sites-là est claire (...) On se demande du coup encore plus qu'avant ce qui se passe sur ces sites-là et ce qu'ils ont à cacher. Qu'est-ce qu'ils n'ont pas envie que l'on voie ?"

La mine Carmichael du groupe Adani et son projet ferroviaire pour exporter le charbon font l'objet de manifestations et de procédures judiciaires depuis près de dix ans. Les opposants au projet ont subi un revers en juin, quand le groupe indien a obtenu le feu vert définitif pour lancer les travaux. L'ONG écologiste Australian Marine Conservation Society (AMCS) a dit voir dans ce feu vert une "mauvaise nouvelle" pour la Grande Barrière de corail, qui s'étend au large du Queensland.

Le groupe Adani, qui a acquis le site en 2010, compte extraire huit à dix millions de tonnes de charbon thermique par an de la mine Carmichael.

Vous êtes à nouveau en ligne