Un journaliste pakistanais, dont le corps a été retrouvé mardi, a été battu et torturé à mort, selon une source médicale

Syed Saleem Shahzad
Syed Saleem Shahzad (AFP/Adkronos/Cristiano Camera/HO)

Syed Saleem Shahzad, 40 ans, avait écrit vendredi un article sur les liens présumés entre Al Qaïda et des "éléments incontrôlés" au sein de l'armée. Il s'était plaint récemment d'avoir été menacé par les services du renseignement militaire (ISI).

Syed Saleem Shahzad, 40 ans, avait écrit vendredi un article sur les liens présumés entre Al Qaïda et des "éléments incontrôlés" au sein de l'armée. Il s'était plaint récemment d'avoir été menacé par les services du renseignement militaire (ISI).

Il était correspondant pour l'agence de presse italienne Adnkronos (Aki), qui a annoncé la première sa mort mardi, et responsable du bureau au Pakistan de Asia Times Online, site d'information basé à Hong Kong.

Il avait disparu dimanche après avoir quitté son domicile d'Islamabad pour participer à une émission de télévision, où il n'est jamais arrivé. Sa disparition était intervenue deux jours après la publication par Asia Times Online d'une enquête concluant que l'attaque de la semaine dernière contre une base aéronavale de Karachi, dans le sud du Pakistan, était une vengeance d'Al Qaïda pour l'arrestation d'officiers de marine soupçonnés de liens avec l'organisation fondée par Ben Laden.

L'attaque de cette base, qui avait duré 17 heures du 22 au 23 mai, tuant dix militaires, avait été revendiquée par les talibans pakistanais pour venger la mort d'Oussama Ben Laden, tué le 2 mai par un commando américain.

Le journaliste, qui laisse une femme et trois enfants, s'était plaint de menaces de la part de l'agence de renseignements pakistanaise (ISI), a assuré l'organsiation des droits de l'homme Human Rights Watch (WHR). "L'autre jour, il est venu à notre bureau et nous a dit que l'ISI l'avait menacé. Il nous a précisé que si quelque chose lui arrivait, nous devrions informer les médias de la situation et des menaces", a ajouté WHR. Même s'il faut attendre les résultats de l'enquête, "dans le passé, l'ISI a été impliquée dans des incidents similaires", a rappelé l'organisation.

En novembre 2006, Syed Saleem Shahzad avait été enlevé par des talibans dans la province de Helmand, en Afghanistan, où il effectuait un reportage. Ses kidnappeurs l'avaient alors accusé d'être un espion, puis l'avaient libéré sept jours plus tard après l'avoir "jugé".

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