Un étudiant homosexuel s'est suicidé à New York après diffusion d'une vidéo dévoilant sa vie privée sur Internet

Tyler Clementi
Tyler Clementi (DR)

Tout a commencé le 19 septembre par un message envoyé sur Twitter par un co-locataire de Tyler Clementi, l'étudiant qui s'est suicidé.

Tout a commencé le 19 septembre par un message envoyé sur Twitter par un co-locataire de Tyler Clementi, l'étudiant qui s'est suicidé.

"Mon co-locataire m'a demandé la chambre jusqu'à minuit. J'ai allumé la webcam et suis allé chez Molly. C'est là que je l'ai vu en train de peloter un autre mec. Yay", écrit Dharun Ravi sur le site de microblogging. A partir d'un autre ordinateur, Dharun Ravi et Molly Wei, les deux suspects dans cette affaire, ont récupéré la vidéo et l'ont postée sur le site iChat.

"Je vais sauter du pont George Washington. Désolé"
Trois jours après, l'étudiant espionné, Tyler Clementi, 18 ans, un jeune violoniste qui venait d'entrer à l'université, a laissé un dernier message sur sa page Facebook : "je vais sauter du pont gw, désolé". Il est allé ensuite se jeter dans l'Hudson depuis le pont George Washington, qui relie New York au New Jersey.

Les parents du jeune homme ont publié un communiqué mercredi, confirmant le décès de leur fils. "Tyler était un garçon merveilleux, un musicien de talent", écrivent-ils.

"Des individus considèrent la destruction d'une vie comme un sport"

Des pages à sa mémoire ont été ouvertes sur Facebook. L'association de défense des droits des homosexuels "Garden State Equality", a condamné ce qu'elle considère comme un crime. "Nous sommes écoeurés par le fait que des individus (...) puissent considérer la destruction d'une vie comme un sport", a indiqué son président Steven Goldstein dans un communiqué.

L'affaire faisait la Une de la presse new-yorkaise jeudi (voir ici le New York Times). Elle a entraîné des dizaines de réactions: la communauté homosexuelle a dénoncé le harcèlement subi par le jeune homme, tandis que des commentaires sur les réseaux sociaux appelaient au respect des individus. L'Université Rutgers (New Jersey, nord-est) a ouvert une enquête. "Deux étudiants ont été arrêtés et inculpés, et une enquête a été ouverte. S'ils sont reconnus coupables, ces actions constituent une violation grave des codes moraux et humains", a déclaré dans un communiqué le président de Rutgers, Richard McCormick.

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