Manuscrits, maillots de foot, tableaux : en péril, "Nice-Matin" récolte toutes sortes de dons

Des employés de \"Nice-Matin\", le 4 juin 2014, à Nice (Alpes-Maritimes).
Des employés de "Nice-Matin", le 4 juin 2014, à Nice (Alpes-Maritimes). (VALERY HACHE / AFP)

Un chèque de 50 000 euros a notamment été adressé aux salariés du journal qui cherchent à sauver leur entreprise.

Nice-Matin ne va pas bien. Le journal est en redressement judiciaire, mais ses 1 137 salariés sont créatifs. Ils ont lancé un appel aux dons sur le site Ulule.com. Et ça marche : trois semaines plus tard, les salariés ont récolté, vendredi 22 août, 260 433 euros, pour un objectif de 300 000 euros.

L'idée de lancer un appel au financement participatif est venue après avoir reçu un chèque de 3 800 euros d'une retraitée de 91 ans. Visiblement, Nice-Matin compte de nombreux lecteurs attachés à leur quotidien : les salariés reçoivent maintenant des dons de toutes natures. Ils se sont notamment vu offrir un chèque de 50 000 euros de la part d'un habitant souhaitant rester anonyme. Ce dernier a aussi proposé 18 lettres et manuscrits, notamment de Victor Hugo et Chateaubriand. Et ce n'est pas tout : les salariés mettront également en vente des œuvres de Ben, Arman, César ou Bernar Venet. Ils ont enfin reçu des maillots dédicacés de footballeurs de Nice et Monaco, ainsi que des ballons portant la signature des joueurs de rugby du Racing Club de Toulon.

 

D'anciens ministres mettent la main à la poche

En tout, plus de 1 500 lecteurs ont déjà contribué, dont d'anciens ministres comme Cécile Duflot, Marie-George Buffet ou Nathalie Kosciusko-Morizet, selon Le Parisien (article payant). Damien Allemand, journaliste, rapporte que le journal a même reçu le courrier d'un Parisien écrivant : "Je ne connais pas Nice-Matin, je ne l'ai jamais ouvert et je ne suis jamais allé à Nice, mais bon courage." Finalement, "on avait la quasi-certitude d'atteindre cet objectif, mais comme on vise plus, on n'est pas satisfaits", explique Jean-François Roubaud, délégué SNJ et représentant de l'intersyndicale.

Cinq repreneurs se sont déclarés candidats à la reprise du groupe Nice-Matin. Les salariés ont donc eux-mêmes déposé un dossier de reprise, via une société coopérative et participative (Scop) qui nécessitera un adossement à des investisseurs privés et des prêts. Ils poursuivent également des discussions avec des investisseurs minoritaires éventuels, selon Jean-François Roubaud : "S'il n'y a pas d'investisseur, il n'y a pas de projet." Le 13 août, il avait évoqué trois potentiels investisseurs, mais "il y en a un avec qui les choses ne se feront sans doute pas".

D'après les syndicats, les autres candidats sont la Société normande d'information et de communication (éditrice de Paris Normandie, du Havre Libre et du Havre Presse), le principal actionnaire de Libération, Bruno Ledoux, l'ex-propriétaire de La Tribune et de France-Soir Georges Ghosn, le groupe de presse belge Rossel (Le Soir, La Voix du Nord, L'Union) associé au groupe de BTP monégasque Marzocco et à l'homme d'affaires franco-libanais Iskandar Safa, et enfin le groupe Azur Santé Retraite.