Liberté de la presse : l'Amérique classée derrière l'Afrique pour la première fois, selon Reporters sans frontières

Une caméra devant le président de la région Catalong, à Barcelone, le 19 avril 2016.
Une caméra devant le président de la région Catalong, à Barcelone, le 19 avril 2016. (JOSEP LAGO / AFP)

L'Europe reste le continent où les médias sont le plus libres.

La liberté de la presse s'est dégradée dans toutes les régions du monde en 2015. C'est particulièrement la cas sur le continent américain, qui passe pour la première fois derrière l'Afrique dans le classement annuel de Reporters sans frontières (RSF), publié mercredi 20 avril. Ce classement s'intéresse à 180 pays. Il s'appuie sur une série d'indicateurs : le pluralisme, l'indépendance des médias, l'environnement et l'autocensure, le cadre légal, la transparence, les infrastructures et les exactions.

"Tous les indicateurs du classement témoignent d'une dégradation. De nombreuses autorités publiques essaient de reprendre le contrôle de leurs pays, craignant de trop grandes ouvertures du débat public, a commenté Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Aujourd'hui, il est de plus en plus facile pour tous les pouvoirs de s'adresser directement au public grâce aux nouvelles technologies, et donc il y a une violence plus grande contre tous ceux qui représentent l'information indépendante."

La France à la 45e place

Le continent américain a plongé dans le classement à cause notamment d'assassinats de journalistes en Amérique centrale. "En Amérique du Nord, les Etats-Unis (41e) pâtissent de la cyber-surveillance et le Canada, qui perd 10 places (18e), a vu sa situation se dégrader "pendant la fin du mandat de l'ancien Premier ministre Stephen Harper", selon Reporters sans frontières.

La France se classe à la 45e place et l'Europe demeure la zone où les médias sont les plus libres. Mais RSF constate un affaiblissement de son modèle. L'ONG dénonce le "détournement du contre-espionnage et de la lutte contre le terrorisme, adoption de lois permettant une surveillance à grande échelle, augmentation des conflits d'intérêts, mainmise de plus en plus grande des autorités sur les médias publics et parfois privés".

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