"Libération" va quitter le groupe Altice pour devenir une société à but non lucratif

Les locaux de \"Libération\", à Paris, le 16 septembre 2014.
Les locaux de "Libération", à Paris, le 16 septembre 2014. (MAXPPP)

Ce dispositif s'inspire de celui adopté par Mediapart en 2019.

Divorce dans la presse française. Altice France se sépare du journal Libération pour le transférer dans une société à but non lucratif, un dispositif inédit pour un quotidien en France, et s'engage à éponger ses dettes, selon un courriel envoyé en interne jeudi 14 mai.

"Cette nouvelle structure garantit à Libération sa totale indépendance éditoriale, économique et financière". Elle sera "présentée aux instances représentatives du personnel" et déclenchera l'ouverture de la clause de cession, un dispositif qui permet aux journalistes de quitter l'entreprise en percevant des indemnités de licenciement, précise le document. "Les droits actuels de la rédaction seront intégralement maintenus et garantis", ajoute le texte.

Un désengagement progressif d'Altice

Concrètement, Altice France (également propriétaire de BFMTV, RMC et SFR) va créer un "Fonds de Dotation pour une presse indépendante", qui acquerra, via une filiale (Presse Indépendante SAS) le journal qui compte 200 salariés, sa régie et sa société de développement technologique.

Ce dispositif s'inspire de celui adopté par Mediapart en 2019, lui-même imaginé à partir du modèle unique au monde du "Scott Trust", qui protège depuis les années 1930 le quotidien britannique The Guardian.

Le groupe Altice s'engage à "doter substantiellement ce Fonds de Dotation pour permettre à Libération de rembourser l'intégralité de ses dettes mais aussi de lui donner, progressivement, les moyens nécessaires au financement de son exploitation future et ainsi garantir son indépendance à long terme". Libération "deviendra ainsi la propriété d'une structure non cessible et non capitaliste à but non lucratif".

Les dettes de Libération, qui n'est pas bénéficiaire contrairement à Mediapart, se situent entre 45 et 50 millions d'euros, de source interne. Le chiffre d'affaires s'est toutefois stabilisé et les abonnements numériques ont été multipliés par six en deux ans. La diffusion a également progressé de 6% en 2019, à 71.466 exemplaires, selon l'ACPM.

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