Les violences contre les journalistes repartent à la hausse en 2018, déplore Reporters sans frontières

Des portraits de journalistes tués brandis par des membres de Reporters sans frontières, à Paris, le 1er novembre 2018.
Des portraits de journalistes tués brandis par des membres de Reporters sans frontières, à Paris, le 1er novembre 2018. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Quatre-vingt journalistes ont été tués dans le monde en 2018 pour avoir exercé leur mission d'information. Une nette hausse par rapport à 2017, où 65 journalistes avaient trouvé la mort, selon le bilan annuel de Reporters sans frontières.

Après trois années de baisse, les violences contre les journalistes sont reparties à la hausse en 2018 : 80 d'entre eux ont été tués à travers le monde, selon le bilan annuel de Reporters sans frontières (RSF) publié mardi 18 décembre et intitulé "Tous les voyants sont au rouge". L'an dernier, 65 journalistes avaient été tués pour avoir exercé leur mission d'information.

Parmi les victimes cette année, 63 journalistes professionnels, soit une hausse de 15%, 13 journalistes non professionnels (contre sept l'an dernier) et quatre collaborateurs de médias, souligne l'ONG basée à Paris, déplorant une violence "inédite". Au total, plus de 700 journalistes professionnels ont été tués ces dix dernières années, selon RSF.

Plus de la moitié des journalistes tués ont été "sciemment visés et assassinés", à l'instar de l'éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul le 2 octobre, et du journaliste slovaque Jan Kuciak, tué le 21 février.

L'Afghanistan, pays le plus dangereux

"La haine contre les journalistes proférée, voire revendiquée, par des leaders politiques, religieux ou des 'businessmen' sans scrupules a des conséquences dramatiques sur le terrain et se traduit par une hausse inquiétante des violations à l'égard des journalistes", déplore Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. "Démultipliés par les réseaux sociaux, qui portent à cet égard une lourde responsabilité, ces sentiments haineux légitiment ces violences et affaiblissent, un peu plus chaque jour, le journalisme et, avec lui, la démocratie", s'inquiète le responsable de RSF.

Les victimes sont majoritairement des hommes (77 pour trois femmes), travaillant localement (75 journalistes locaux et cinq étrangers). C'est l'Afghanistan qui a été le pays le plus meurtrier cette année (15 journalistes y ont été tués). Il détrône la Syrie, qui occupait cette place depuis 2012 et reste le deuxième pays le plus dangereux, avec 11 journalistes tués.

Autre fait notable pour RSF, près de la moitié des journalistes ont été tués dans des pays en paix, comme le Mexique (neuf journalistes assassinés, troisième pays le plus dangereux), l'Inde (six morts) et les Etats-Unis (six morts), qui font leur entrée dans ce triste palmarès après la fusillade sanglante contre la rédaction du Capitol Gazette à Annapolis (Maryland).

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