Le photographe qui a retouché l'actrice Lupita Nyong'o en une de "Grazia" reconnaît une "erreur monumentale"

L\'actrice Lupita Nyong\'o, le 23 septembre 2017, à New York (Etats-Unis), lors du Global Citizen Festival.
L'actrice Lupita Nyong'o, le 23 septembre 2017, à New York (Etats-Unis), lors du Global Citizen Festival. (ANGELA WEISS / AFP)

L'édition britannique du magazine présente ses excuses après avoir publié sur sa couverture une photo de l'actrice oscarisée privée de sa chevelure crépue.

Sa chevelure crépue a disparu de sa photo en une du numéro de novembre de l'édition britannique du magazine Grazia. Dans un message publié sur Twitter, vendredi 10 novembre, l'actrice mexico-kényane Lupita Nyong'o s'est dite "déçue" et a dénoncé cette retouche destinée, selon elle, à faire davantage correspondre son portrait aux standards de beauté "eurocentriste".

L'actrice de 34 ans, oscarisée pour son rôle dans 12 Years a Slave, a accompagné ce commentaire de trois photos. La première montre la couverture de Grazia. Les deux autres présentent sa coiffure non retouchée. Dans un long message sur Instagram, elle explique qu'être en couverture d'un magazine la "comblait" car "c'est l'opportunité de montrer aux autres personnes à la peau foncée et aux cheveux crépus, et particulièrement à nos enfants, qu'ils sont beaux comme ils sont".

Un "acte incroyablement dommageable et blessant"

Grazia UK lui a répondu dans un message sur son site internet. Le magazine "s'excuse sans réserve", tout en affirmant n'avoir pas demandé ces modifications, mais il reconnaît qu'il aurait dû toutefois assurer un meilleur contrôle éditorial et il rappelle qu'il est "engagé à représenter la diversité dans ses pages".

Le photographe An Le s'excuse également et reconnaît dans le Guardian (article en anglais), lundi 13 novembre, être l'auteur de la retouche. Il confesse une "erreur incroyablement monumentale", un "acte incroyablement dommageable et blessant". 

Cette altération "n'est pas née d'une haine quelconque, mais plutôt de ma propre ignorance et de mon insensibilité au mépris constant envers les femmes de couleur à travers les différentes plateformes médiatiques", plaide-t-il. Et le photographe vietnamien de faire part de sa prise de conscience : "En tant qu'immigrant moi-même, il est de mon devoir d'être un défenseur de la représentation de la diversité de la beauté dans cette industrie. Je vais le démontrer dans mon travail encore plus à l'avenir."