La Russie accuse la France de "censure" après des accusations de Benjamin Griveaux

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, le 19 septembre 2018 à Paris.
Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, le 19 septembre 2018 à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le porte-parole du gouvernement français avait expliqué que les médias publics russes RT et Sputnik n'ont pas leur place dans la salle de presse de l'Elysée car "c'est de la propagande financée par un Etat étranger."

La réponse est ferme et le ton est menaçant. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe s'est adressée à Benjamin Griveaux, jeudi 1er novembre, au cours d'une conférence de presse. "Nous constatons un réel problème de censure en France", a déclaré Maria Zakharova.

En cause, la position du porte-parole du gouvernement français qui, lors d'une interview accordée à pure médias, le 22 octobre, a justifié son refus d'ouvrir la salle de presse de l'Elysée aux médias publics russes RT et Sputnik. "Ce ne sont pas des organes de presse. C'est de la propagande financée par un Etat étranger", a expliqué Benjamin Griveaux. 

"Notre patience n'est pas infinie", a réagi la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe. Maria Zakharova fait état d'un manque de preuves lié aux accusations de propagande par la France. Et elle se fait menaçante : "Pensez-vous que les journalistes français seront toujours autorisés à assister aux événements médiatiques au sein des institutions russes après une attitude aussi grossière à l'égard des journalistes russes ?"

"Organes d'influence"

Considérée par ses détracteurs comme un organe de propagande pro-Kremlin, la chaîne russe RT France a été mise en demeure fin juin par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) en raison de "manquements à l'honnêteté, à la rigueur de l'information et à la diversité des points de vue" pour un sujet sur la Syrie. En mai 2017, Emmanuel Macron avait accusé RT et Sputnik de s'être comportés en "organes d'influence (...) et de propagande mensongère" pendant la campagne présidentielle française. 

Au Royaume-Uni, le régulateur de l'audiovisuel (Ofcom) a déjà émis une dizaine de mises en demeure contre RT et l'a menacée de sanction, pour des sujets notamment sur la Syrie et l'Ukraine, où l'armée russe est présente.

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