L'interpellation du journaliste Taha Bouhafs est une "atteinte à la liberté de la presse", déplorent des rédactions

Taha Bouhafs, le 12 février 2017, à Paris.
Taha Bouhafs, le 12 février 2017, à Paris. (YANN CASTANIER / HANS LUCAS / AFP)

L'arrestation suivie d'une garde à vue est "une nouvelle atteinte à la liberté de la presse", dénonce une vingtaine de sociétés de journalistes et de rédacteurs.

Une vingtaine de sociétés de journalistes et de rédacteurs ont dénoncé, vendredi 14 juin, l'arrestation du journaliste militant Taha Bouhafs comme "une atteinte à la liberté de la presse", dans un communiqué publié par Libération. Cette arrestation suivie d'une garde à vue est "une nouvelle atteinte à la liberté de la presse, mais aussi au secret des sources, pierre angulaire de notre profession", soulignent les signataires du communiqué.

Les journalistes ne peuvent tolérer d'être régulièrement pris pour cible par les forces de l'ordre dans le cadre de l'exercice de leur métier.Communiqué d'une vingtaine de sociétés de journalistes et de rédacteurs

Le texte a été signé par 17 sociétés de journalistes ou de rédacteurs d'Arte, BFMTV, Courrier international, Les Echos, L'Express, France Culture, Franceinfo.fr, France 24, L'Humanité, Libération, Mediapart, Le Monde, L'Obs, Sud-Ouest, Télérama, TV5 Monde, l'AFP, et la rédaction du site Les Jours.

"Interpellation abusive"

Le journaliste militant Taha Bouhafs a été interpellé mardi alors qu'il couvrait une manifestation de soutien à des travailleurs sans papiers à Alfortville (Val-de-Marne). "Outre des blessures plus superficielles, les violences causées par les fonctionnaires de police au cours de l'interpellation ont causé un déboîtement de l'épaule gauche de M. Bouhafs", selon son avocat Arié Alimi.

Après une nuit en garde à vue, le journaliste de 22 ans s'est vu remettre une convocation pour être jugé début 2020, pour "outrage et rébellion sur une personne dépositaire de l'autorité publique", selon le parquet de Créteil. Les journalistes protestent également dans leur communiqué contre la mise sous scellés du téléphone portable avec lequel Taha Bouhafs a filmé son arrestation.

Le site d'informations Là-bas si j'y suis, qui emploie le jeune journaliste, avait dénoncé dans un communiqué une "interpellation abusive" et la "répétition" d'"intimidations policières"Taha  Bouhafs s'est d'abord fait connaître comme militant antiraciste franco-algérien. Il est aussi célèbre pour avoir filmé un ex-collaborateur d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, en train de violenter un couple place de la Contrescarpe à Paris le 1er mai 2018. 

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