France Télévisions ouvre une enquête après des accusations de harcèlement moral à "Stade 2"

La journaliste Clémentine Sarlat lors du match France-pays de Galles du Tournoi des six nations, le 28 février 2015, au Stade de France.
La journaliste Clémentine Sarlat lors du match France-pays de Galles du Tournoi des six nations, le 28 février 2015, au Stade de France. (OLIVIER CORSAN / MAXPPP)

"J'allais à 'Stade 2' en pleurant", a confié la journaliste Clémentine Sarlat, qui affirme avoir été marginalisée à son retour de congé maternité.

France Télévisions a annoncé, samedi 4 avril, avoir ouvert une enquête interne après la publication dans L'Equipe du témoignage de Clémentine Sarlat, ancienne coprésentatrice de "Stade 2", qui affirme avoir été victime de harcèlement moral.

Clémentine Sarlat a raconté au quotidien sportif qu'elle avait quitté le magazine en 2018, après ces faits. "En mai 2017, avant mon congé maternité, la direction des sports m'annonce que je vais coprésenter 'Stade 2' avec Matthieu Lartot. En réalité, c'était de la com. Il fallait juste annoncer une présentatrice", a notamment rapporté la journaliste, aujourd'hui reconvertie dans le podcast, après avoir travaillé à TF1.

Lorsque je reviens, en janvier 2018, on me dit : 'À cause des lumières et des caméras, tu ne pourras pas être à côté de Matthieu'. Je n'étais plus coprésentatrice.Clémentine Sarlatà "L'Equipe"

"J'allais à Stade 2 en pleurant", a confié également Clémentine Sarlat, qui assure avoir été marginalisée à son retour de congé maternité, jusqu'à son départ. "On m'a mise en RTT sur mes jours de télétravail demandés pour m'occuper plus facilement de mon bébé, ça a été la goutte d'eau, ajoute-t-elle. Je leur ai dit : 'Vous ne sanctionnez pas les trois quarts des vieux qui ne viennent jamais au boulot. Moi, je bosse de chez moi, j'ai des preuves, et vous me posez des jours dans mon dos ?' J'ai décidé de partir."

Journaliste au service des sports et délégué syndical SNJ, Antoine Chuzeville a affirmé, dans L'Equipe, dimanche, que "les comportements qu'elle décrit sont toujours là""L'été dernier, trois jeunes femmes du service des sports "vulnérables", c'est-à-dire en stage, en pige ou en CDD, sont venues nous voir pour se plaindre et signaler certains comportements, affirme-t-il. Il s'agissait de phrases à connotation sexuelle très explicite, des invitations très poussées de rejoindre des journalistes beaucoup plus âgés après le boulot, des réflexions dégradantes."

France Télévisions promet de "faire la lumière"

"Une enquête est diligentée pour faire la lumière sur les faits évoqués", a réagi France Télévisions, samedi. Le groupe public, qui a été confronté à plusieurs affaires de harcèlement sexuel ou moral depuis la naissance du mouvement #MeToo il y a deux ans et demi, a rappelé qu'"une ligne directe a été mise en place dès 2018 pour recueillir la parole de toutes les personnes se sentant victimes de harcèlement ou de discrimination" et que "chaque cas rapporté est suivi et traité avec attention".

La direction de France Télévisions est engagée dans une politique d'exemplarité et de zéro tolérance envers le harcèlement sous toutes ses formesFrance Télévisionsà l'AFP

Dimanche soir, la société des journalistes du service des sports de France Télévisions s'est "félicité que la parole se libère" et dénoncé des "pratiques intolérables, si elles sont avérées". Elle a toutefois regretté "les nombreuses et violentes attaques" visant la rédaction, "salie" sur les réseaux sociaux depuis samedi. "Généraliser des comportements déplacés et abjects, s'ils sont confirmés, est inacceptable."

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