VIDEO. Le "mea culpa" de Farid Benyettou, l'ex-mentor des Kouachi

En 2015, après l'attentat contre "Charlie Hebdo", son nom refait surface : Farid Benyettou était le recruteur de la filière des Buttes-Chaumont et le mentor des frères Kouachi. Aujourd'hui, il reconnaît sa responsabilité dans la tuerie et une dette envers la société. Comment faire confiance aux "repentis" de Daech ? Extrait de "Complément d'enquête".

Lors de l'attentat contre Charlie Hebdo, la France découvre le visage des frères Kouachi, les auteurs de la tuerie. Un nom refait alors surface : celui de Farid Benyettou. Il était le mentor des Kouachi. Deux ans plus tard, "Complément d'enquête" a recueilli son témoignage, entre ambiguïté et culpabilité. Extrait.

En janvier 2015, Farid Benyettou est sorti de prison depuis six ans. L'ex-"émir" des Buttes-Chaumont a tourné le dos au jihad, affirme-t-il, et changé de vie. Le jeune homme de 35 ans termine alors ses études d'infirmier à la Pitié-Salpêtrière. 

Le 7 janvier, c'est dans dans l'après-midi qu'il découvre ce qui s'est passé. Selon son témoignage, il se dit "C'est pas possible" puis, en voyant les actualités, il reconnaît "le timbre de voix" de celui qui a crié "On a vengé le prophète !" "Ce que je redoutais le plus, dit-il, était confirmé : c'était bien eux."

"J'ai cette part de responsabilité, ça c'est sûr"

Est-ce qu'il se dit que c'est à cause de lui, de ce qu'il a dit ou fait ? "On ne sait jamais", commence-t-il, avant de reconnaître : "Le fait est que je les ai encouragés là-dedans. J'ai encouragé l'un d'entre eux, à l'époque, à vouloir rejoindre le jihad, donc je l'avais déjà encouragé sur cette voie-là. J'ai cette part de responsabilité, ça c'est sûr."

Aujourd'hui, Farid Benyettou estime avoir une dette envers la société. Plus personne ne veut de lui comme infirmier, et il se sentirait utile en faisant de la prévention. L'ex-"émir" des Buttes-Chaumont travaille maintenant comme conseiller en déradicalisation et recueille les récits de jeunes endoctrinés pour en faire un livre...

Sur Twitter, des réactions entre émotion et (surtout) méfiance ou colère : 

Extrait de "Les repentis du jihad", un reportage diffusé dans "Complément d'enquête" le 6 avril 2017.

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