Après la démission du directeur de la rédaction et son adjoint, le journal La Tribune est en grève

Lecteur de La Tribune
Lecteur de La Tribune (AFP/Thomas Coex)

Il ne paraîtra pas jeudi.La grève, qui vaut également pour le site web, a été votée par 90 voix contre 30 et 1 bulletin blanc. Une assemblée générale du personnel aura lieu jeudi pour décider des suites du mouvement.

Il ne paraîtra pas jeudi.

La grève, qui vaut également pour le site web, a été votée par 90 voix contre 30 et 1 bulletin blanc. Une assemblée générale du personnel aura lieu jeudi pour décider des suites du mouvement.

Dans un communiqué, la direction avait précisé que les départs faisaient suite à des "divergences stratégiques". Valérie Decamp, PDG et actionnaire majoritaire de La Tribune, indiquait qu'elle constituait "dès à présent une équipe" prête "à construire un modèle de presse novateur".

Davantage de contributions extérieures de non-journalistes

La principale divergence stratégique porterait sur les contributions extérieures de non journalistes (tribunes d'experts, économistes, sociologues...) qui représentent actuellement "15% des contenus" et qui pourraient grimper "entre 30 et 40%", selon Jean-Christophe Chanut, secrétaire du CE.

Une hypothèse qui a également donné lieu à un vote et qui a été majoritairement rejetée par le personnel (98 voix pour, 15 contre).

Un climat "morose"
"Ce projet était connu", a cependant souligné à l'AFP Jean-Christophe Chanut, "il n'est pas possible que cela soit le seul point d'achoppement. Mais personne, ni la direction, ni les démissionnaires, n'a voulu expliquer les vraies raisons de ce départ". "Le climat est morose. C'est encore un coup porté à ce journal qui n'en avait vraiment pas besoin", a-t-il déploré.

En janvier, le journal, en butte à de sérieuses difficultés financières, avait été placé pour six mois en procédure de sauvegarde, lui permettant ainsi de geler temporairement ses créances. Il est à la recherche de 15 millions d'euros pour se recapitaliser. Les pertes s'élevaient à 9 millions d'euros en 2010 (14 millions en 2009).

"Valérie Decamp essaye de trouver des investisseurs mais elle n'y arrive pas. Le journal se fragilise au fil des mois. On va dans une impasse", a déploré de son côté David Larbre, délégué SNJ.

Selon lui, la direction entend à terme abandonner le papier et basculer entièrement au numérique, ce qui signifierait notamment de nouvelles réductions d'effectifs.

50% des économies prévues pour 2011 réalisées
Dans son communiqué, la direction s'est notamment félicité de la poursuite de la croissance de la fréquentation du site latribune.fr ainsi que du succès de son application iPad "téléchargée plus de 80.000 fois". Elle a également dit attendre "d'importantes retombées du lancement de son cycle de formations professionnelles et de conférences prospectives".

"Dans le même temps, a-t-elle insisté, l'équipe de management a poursuivi son plan de maîtrise des coûts et a déjà réalisé 50% des économies prévues pour 2011. La situation financière du journal s'est donc significativement améliorée et Valérie Decamp table sur un dernier trimestre 2011 rentable et le retour à l'équilibre dès 2012".

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