Anne Sinclair : "Je suis d'un naturel oublieux"

La journaliste Anne Sinclair présente à la presse le site dont elle est la directrice éditoriale, le Huffington Post français, le 23 janvier 2012.
La journaliste Anne Sinclair présente à la presse le site dont elle est la directrice éditoriale, le Huffington Post français, le 23 janvier 2012. (PATRICK KOVARIK / AFP)

La journaliste publie un livre sur son grand-père, Paul Rosenberg, un marchand d'art juif déchu de sa nationalité pendant la guerre. Sans évoquer l'affaire DSK, elle se révèle un peu plus entre les lignes.

21 rue de la Boétie. Le prochain livre d'Anne Sinclair, à paraître mercredi 7 mars, a pour nom l'adresse de la galerie d'art que tenait son grand-père, le marchand Paul Rosenberg. Un célèbre galeriste juif, dont les biens ont été spoliés pendant la seconde guerre mondiale, et à qui elle rend hommage dans cet ouvrage biographique. L'occasion pour elle de penser l'après-Sofitel, même si elle n'évoque pas l'affaire directement dans ce livre.

Pourquoi a-t-elle choisi de publier cet ouvrage maintenant, alors que son mari est toujours en pleine tourmente judiciaire ? Dans une interview au Parisien, la journaliste se défend d'avoir en tête un plan de communication. Ni sur l'affaire Dominique Strauss-Kahn, ni sur sa situation patrimoniale, qui a soulevé quelques questions récemment. "Si j'avais voulu faire une communication sur mon compte en banque, j'aurais agi différemment ! ironise-telle. Ce livre est né de l'envie de rendre hommage à un grand-père, un homme exceptionnel."

Silence radio sur DSK

"Une partie de la collection de mon grand-père a disparu pendant la guerre, l'autre a peu à peu été vendue. On a écrit qu'il restait des centaines de tableaux, c'est archi-faux !" clame-t-elle. Paul Rosenberg, mort en 1959, était notamment un ami de Pablo Picasso. Il a obtenu du peintre espagnol sa première grande œuvre de commande, intitulé Portrait de Madame Rosenberg et sa fille (1918), exposé au musée Picasso.

En revanche, sur les démêlés judiciaires de son mari, Anne Sinclair en dit le moins possible. "[Le travail de presse] fut légitime pour faire état d'un événement dont je ne minimise pas l'importance politique. Mais je trouve que des limites du voyeurisme et de l'inquisition ont été franchies." Une déclaration à l'image de son ouvrage : "Dans ce livre, il n'y a aucune allusion à quoi que ce soit de la période actuelle, à part l'épilogue que j'ai écrit en juillet dernier et qui fait référence à New York."

"Soudain prisonnière de l'Amérique"

La journaliste revient ainsi sur sa relation douloureuse avec la mégalopole américaine où elle est née, et où elle a dû vivre l'épreuve de l'affaire DSK. "En mai 2011, cite MyBoox.com, dans des circonstances douloureuses, je me suis retrouvée contrainte de vivre à New York, soudain prisonnière, en quelque sorte, de l’Amérique. La ville même de New York, qui me paraissait enchantée dans mon enfance, est alors devenue pour moi et les miens synonyme de violence et d’injustice." 

"Lors de ce séjour forcé, ce paradis de l'enfance a changé de visage. Mais je suis d'un naturel oublieux : New York reste pour moi autre chose que ces mois violents", raconte-t-elle au Parisien. Après la seconde guerre mondiale, son grand-père a fait don de plusieurs toiles au Moma, le musée d'Art moderne de New York. Anne Sinclair s'y est rendue à la fin de l'assignation à résidence de DSK pendant l'affaire du Sofitel. Elle explique simplement : "Ça nous faisait du bien d'aller voir des belles choses."

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