Les syndicats de fonctionnaires écrivent à Hollande pour dénoncer une situation "dégradée"

François Hollande, le 9 mai 2012, quelques jours après son élection, dans son QG de campagne.
François Hollande, le 9 mai 2012, quelques jours après son élection, dans son QG de campagne. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Cinq organisations syndicales évoquent des conditions d'exercice "extrêmement dégradées" et qui "deviennent préoccupantes".

Ils ont pris la plume pour tirer la sonnette d'alarme. Cinq organisations syndicales de fonctionnaires ont adressé, mardi 26 mai, une lettre au président François Hollande pour dénoncer des conditions d'exercice "extrêmement dégradées" et qui "deviennent préoccupantes".

Dans ce courrier transmis à la presse, les syndicats de fonctionnaires CGT, FSU, FO, Solidaires et FA-FP (Autonomes) affirment que la situation des 5,4 millions d'agents est préoccupante : "Les missions essentielles qu'ils mènent pour le bien de la population et pour l'intérêt général, leurs conditions d'exercice se sont extrêmement dégradées et deviennent préoccupantes".

"Paupérisation", "suppressions de postes", "précarisation"

"De trop nombreuses années de politiques d'affaiblissement de la Fonction publique – avec lesquelles, malheureusement, vous n'avez pas effectué toutes les ruptures attendues – conduisent aujourd'hui à un constat particulièrement inquiétant", écrivent-ils à l'adresse de François Hollande. Ils dénoncent notamment le gel du point d'indice, qui sert de base au calcul des salaires et n'a pas bougé depuis 2010, y voyant une "mesure injuste et régressive sans précédent".

Selon les syndicats, cela a des effets de "paupérisation pour nombre d'agents qui s'ajoutent à un sentiment de déclassement". "En ce qui concerne l'emploi, le constat est également sombre", écrivent les cinq syndicats. Selon eux, "hormis les rares secteurs définis comme prioritaires, les suppressions de postes se poursuivent et s'aggravent". Ils relèvent en outre que le recours aux précaires et aux non-titulaires "ne cesse de progresser".

"Monsieur le président, l'heure ne peut plus être simplement aux propos sur les valeurs irremplaçables de la Fonction publique et le rôle indispensable de ses agents. L'heure est maintenant aux mesures pour répondre aux attentes de ceux-ci", concluent-ils.