Les obsèques coûtent de plus en plus cher en France

Une entreprise de pompes funèbres à Lons-le-Saunier (Jura), le 30 octobre 2012.
Une entreprise de pompes funèbres à Lons-le-Saunier (Jura), le 30 octobre 2012. (MAXPPP)

Une étude de l'association UFC-Que Choisir dénonce le coût des prestations ainsi que le manque d'informations sur le détail de ces tarifs. 

Les Français dépensent de plus en plus pour organiser les obsèques de leurs proches, et beaucoup restent mal informés sur le détail des coûts des prestations, dénonce l'UFC-Que Choisir dans une enquête publiée mercredi 29 octobre. "Le prix total des obsèques, hors caveau et concession, s'établit à 3 350 euros en moyenne contre 3 098 en 2011, soit une augmentation de 8,18%, plus du double de l'inflation sur la période", constate l'association de consommateurs, qui a envoyé en mai-juin des enquêteurs anonymes dans 818 magasins funéraires.

Pour François Michaud-Nérard, directeur général des services funéraires de la Ville de Paris, ce n'est pas une surprise. Selon lui, cette hausse supérieure à l'inflation est "normale" car "40 à 50% des charges des entreprises de pompes funèbres sont de la main d'œuvre", dont le coût augmente plus que l'inflation, précise-t-il. En outre, "au moment d'un décès, les familles ont souvent du mal à faire réaliser plusieurs devis", explique-t-il. Et quand bien même elles le feraient, "certaines entreprises cherchent à recréer des monopoles, ce qui fausse la concurrence", constate-t-il. Les consommateurs pensent interroger deux entreprises différentes mais s'adressent sans le savoir au même groupe.

Jean Ruellan, directeur du marketing d'OFG, le premier groupe funéraire français en chiffre d'affaires, souligne que les clients demandent de plus en plus de services. "Nous sommes devenus des maîtres de cérémonie alors que nous étions des vendeurs de cercueils", indique-t-il, tout en précisant qu'il faut aussi prendre en compte la TVA - à 20% -, alors "qu'une directive européenne permettrait d'avoir un taux réduit ou nul".

La crémation n'est pas une solution plus économique

Selon l'UFC-Que Choisir, les tarifs pratiqués peuvent également considérablement varier d'un opérateur à l'autre, de 1 347 euros à plus de 6 649 euros. Pour l'association, "ce grand écart tarifaire est dû non seulement à un florilège de prestations 'non obligatoires' mais aussi à des opérations aux prix disproportionnés". Ainsi, la prise en charge des démarches administratives peut varier de 40 à 482 euros, et le coût des soins de conservation oscille entre 53 et 534 euros. Par ailleurs, l'UFC constate que la crémation, "contrairement à une idée reçue (...), ne constitue pas une solution plus économique que l'inhumation". Les devis pour l'incinération s'élèvent en moyenne à 3 609 euros, soit 8% de plus que pour l'inhumation.

Pour Philippe Martineau, directeur général du réseau Le Choix funéraire, le coût plus élevé de l'incinération s'explique notamment par la volonté des familles "de ne pas se contenter uniquement de la crémation" et d'opter pour certains services comme le retour des urnes dans la concession. Autres facteurs : la hausse de la taxe de crémation, fixée par les mairies, ou encore la mise aux normes des systèmes de filtration imposée par la réglementation européenne.

Dans son étude, l'UFC note également que, malgré l'entrée en vigueur en 2010 d'un arrêté fixant un modèle de devis obligatoire, beaucoup de consommateurs restent mal informés sur le coût des prestations. "Dans 26% des cas, nos enquêteurs sont repartis sans le moindre devis (...). Quant à la teneur des devis récoltés, seuls 20% respectent les modèles de devis obligatoires et 38% s'en rapprochent sans être conformes pour autant", déplore l'association. "Le secteur a encore des progrès a faire en matière de transparence des prix", reconnaît Philippe Martineau, dont le réseau de commerçants milite pour "le droit à la transparence des coûts". 

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