Les ministres des Finances de la zone euro réunis dimanche à Luxembourg envisagent une aide à la Grèce sous condition

Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, chef de file des ministres des Finances de la zone euro
Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, chef de file des ministres des Finances de la zone euro (AFP/Georges Gobet)

A l'issue d'une énième réunion sur la crise grecque, qui a duré environ 7 heures, la zone euro a ouvert la voie au versement d'une tranche de prêts d'urgence à la Grèce, mais à condition qu'Athènes fasse aussi des efforts.Un plan d'aide supplémentaire à plus long terme pour le pays toujours menacé de faillite pourrait même être défini.

A l'issue d'une énième réunion sur la crise grecque, qui a duré environ 7 heures, la zone euro a ouvert la voie au versement d'une tranche de prêts d'urgence à la Grèce, mais à condition qu'Athènes fasse aussi des efforts.

Un plan d'aide supplémentaire à plus long terme pour le pays toujours menacé de faillite pourrait même être défini.

Mais en l'absence de décision ferme pour l'instant, l'euro reculait lundi matin face au dollar.

Dimanche, les ministres des Finances de la zone euro ont laissé entrevoir un déblocage "d'ici mi-juillet" de la prochaine tranche des 110 milliards d'euros de prêts qu'ils ont promis l'an dernier au pays avec le Fonds monétaire international.

Ils l'ont toutefois lié "à l'adoption de législations clés sur la stratégie budgétaire et les privatisations par le Parlement grec".

La Grèce doit montrer "d'une façon crédible" qu'elle tient ses engagements, et pour cela "il faut attendre le vote final sur le programme" sur lequel elle s'est engagée envers ses interlocuteurs internationaux, a insisté le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker.

"Pour prendre la décision (sur le déblocage des prêts) début juillet, nous aurons besoin d'avoir la décision du Parlement grec" sur un nouveau plan d'austérité et de privatisations, lui a fait écho le ministre belge, Didier Reynders.

Ce plan, sur lequel le Parlement grec doit se prononcer d'ici fin juin, est si impopulaire que le Premier ministre socialiste, Georges Papandréou, a été obligé de remanier son gouvernement pour améliorer les chances qu'il soit adopté. Il a encore réclamé dimanche un "accord national" des partis politiques à un "moment crucial" pour le pays. Mais l'opposition s'y refuse jusqu'ici, et réclame des élections anticipées.

Vers une une implication du secteur privé grec

Au-delà des financements immédiats, la zone euro doit aussi mettre sur pied un deuxième plan d'aide pour éviter une faillite de la Grèce à plus long terme, car les premiers prêts promis l'an dernier s'avèrent insuffisants.

Les "paramètres principaux d'une nouvelle stratégie de financement claire" devraient être définis "d'ici début juillet", ont assuré les ministres, qui commencent enfin à parler d'une seule voix sur l'un des points les plus sensibles, la participation des banques et autres créanciers privés d'Athènes.

Mais les modalités de cette participation, exigée notamment par Berlin, ont longtemps fait débat, car elle risquait d'être assimilée à un défaut de paiement de la Grèce susceptible de provoquer la panique des marchés et une contagion de la crise à d'autres pays de la zone euro.

"Nous nous sommes mis d'accord sur l'implication volontaire du secteur privé alors qu'il y a une semaine ou deux, différentes options étaient sur la table", s'est félicité Jean-Claude Juncker.

Les ministres ont en effet salué l'objectif d'une participation privée "sous la forme la forme de roll-overs informels et volontaires de la dette grecque existante arrivée à maturité", selon leur communiqué.

Le "debt roll-over" désigne, en jargon financier, le fait que les créanciers, quand leurs prêts arrivent à maturité, les remplacent par d'autres de même montant. C'est le scénario qui était défendu notamment par la France, la Commission et la Banque centrale européenne.

Les ministres soulignent que cette opération devrait représenter un apport "substantiel" au programme grec, une autre exigence de Berlin, "tout en évitant un défaut (de paiement) sélectif" du pays, qui par effet domino risquait de mettre toute la zone euro en danger.

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