Les Français veulent en savoir plus sur les vêtements qu'ils achètent, mais les marques ont du mal à leur répondre

Une femme dans un magasin de vêtements. 
Une femme dans un magasin de vêtements.  (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)

Selon une étude de l'Institut de la mode, les Français achètent moins de vêtements et sont plus sensibles à la question écologique. Cependant, il reste difficile de s'y retrouver pour s'habiller de manière responsable.  

Le secteur du vêtement va-t-il faire sa révolution verte ? Comme pour les produits bio, les consommateurs seraient à la recherche de pantalons ou de chaussures plus soucieux de l'environnement. Selon une étude de l'Institut de la mode, les ventes dans les grandes enseignes de prêt-à-porter sont en baisse de 1,5% depuis le début de l'année, et même de 15% sur la dernière décennie.

"C'est comme au restaurant, on ne sait pas vraiment si c'est fait maison"

Selon l'étude, 46% des Français interrogés ont acheté au moins un vêtement éco-responsable depuis le début de l'année"J'achète encore chez Zara mais petit à petit j'essaye d'aller dans les friperies", explique une jeune Parisienne. "J'avais acheté il y a quelques années des chaussures en matériaux recyclés. C'est tout aussi solide que des chaussures normales", rajoute un autre consommateur.

Cependant, on remplit moins son armoire de vêtements écolo que ses placards d'aliments bio. Selon l'étude, moins d'un quart des consommateurs est capable de citer une marque éco-responsable. Autre point noir : la confiance. Les clients peuvent se perdre dans une forêt de labels verts. "C'est comme le fait maison dans un restaurant, on ne sait pas vraiment si c'est fait maison", déplore une cliente. 

Des étiquettes trop limitées 

Certains clients pointent du doigt le manque d'informations concernant les vêtements. Une critique récurrente selon Thomas Ébelé, il a fondé le site Sloweare.com, une plateforme pour promouvoir les marques éco-responsables. Selon lui, "la problématique majeure c'est que l'industrie textile à tendance à créer ses propres labels et c'est difficile après pour le consommateur de savoir ce qui se cache derrière". 

Gilles Laborde, directeur général de Première Vision, l'organisateur des plus gros salons de tissus au monde, assure que l'un des critères les plus importants pour le consommateur reste la matière du vêtement. "Certains de nos consommateurs repoussent les produits d'origine pétrolière, le polyester par exemple". Il s'agit d'une information trop courte selon Thomas Ébélé. En France, l'étiquette doit obligatoirement indiquer la composition du vêtements "par contre on ne sait pas forcément d'où vient la matière, il y a peu de marque qui joue la transparence", rétorque-t-il. 

Les conditions sociales dans le viseur 

Le parent pauvre de l'information reste les conditions sociales de fabrication. Les clients devraient savoir "avec qui travaille les marques pour pouvoir remonter l'ensemble de la filière. C'est le plus important", avance le fondateur de la plateforme. Il plaide pour un label qui certifierait la traçabilité des matières. "S'il n'y a pas un tiers de confiance pour valider ça non, c'est là que le consommateur est perdu". 

Selon Thomas Ébélé, les petites marques ne sont pas toujours de confiance et peuvent utiliser les mêmes filières que les grosses écuries de la mode. "Tout est dans le discours, plus vous allez interroger la marque plus elle vous donnera d'informations plus vous pourrez avoir confiance", conclut-il. 

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