Les députés interdisent les aliments (beaucoup) trop sucrés dans les outre-mer

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Les députés ont adopté mercredi un projet de loi visant à rétablir l'équité en matière d'alimentation entre les outre-mer et la métropole. Les firmes agroalimentaires proposent en effet aux ultramarins des produits souvent plus sucrés que ceux vendus dans l'Hexagone Ce qui n'est pas sans poser des problèmes de santé publique.

Les
différences sont nombreuses. Trop nombreuses. Les firmes agroalimentaires réservent un
traitement particulier aux outre-mer en proposant, par exemple, des dates de
péremption allongées ou des aliments plus sucrés  – jusqu'à 47% en plus dans un soda à l'orange vendu
à la Réunion par rapport au même soda vendu en métropole. Un manque d'équité
que les députés veulent résorber à partir de ce mercredi.

L'article emblématique de ce projet
de loi, adopté mercredi, prévoit d'interdire la différence de teneurs en sucres ajoutés entre les
produits vendus outre-mer et dans l'Hexagone. Il s'agit de lutter contre
l'obésité. Le constat dressé est sévère. Ce sont en effet 25% des enfants et adolescents et plus d'un adulte sur deux
qui sont touchés par des problèmes de surcharge pondérale les régions
d'outre-mer.

"Conditionnés à aimer le sucre"

Jusqu'à
présent, les industriels avaient un argument massue : les ultramarins aiment
manger sucré. "C'est un argument des professionnels" , explique la députée
de Guadeloupe, rapporteure du texte, Hélène Vainqueur-Christophe. Selon elle :

"On
nous a très certainement conditionnés à aimer sucré, et dès le plus jeune âge."

Car le sucre est addicitif. Les nutrionnistes le souligent d'ailleurs, si cette loi passe il faudra adapter progressivement le goût des ultramarins qui risquent de trouver leurs aliments bien fades pendant un temps.   

L'industrie sucrière,
elle, se défend par la voix de Bertrand Ducré, le directeur général délégué du
Centre d'étude et de documentation sur le sucre. "Il n'y a aucune étude
qui nous montre que la différence d'obésité entre métropole et outre-mer est
imputable au seul sucre et produits sucrés."    
 

Des DLC beaucoup plus longues 

Cette loi va également s'attacher
à harmoniser les DLC, les dates limites de consommation. Pour le moment elles
sont – sur certains produits – beaucoup plus élevées en outremer qu'en
métropole.

Pour les yaourts,
souligne Hélène Vainqueur-Christophe, le délai jusqu'à cette date limite est
actuellement de 55 jours outre-mer contre seulement 30 jours en métropole.

La Fédération des
entreprises d'outre-mer (Fedom) s'est réjouie de cette future interdiction d'un
double étiquetage, y voyant un moyen de préserver les producteurs locaux, qui
eux sont soumis aux 30 jours pour les yaourts, par exemple et subissaient donc
"une forme de concurrence déloyale"
de produits importés de
métropole.

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