Les actionnaires d’Alstom votent contre la rémunération de l’ancien PDG

(Les actionnaires sont d'autant plus attentifs à la rémunération de l'ancien PDG, qu'ils doivent cette année se passer de dividendes © Reuters)

L'assemblée générale des actionnaires d'Alstom a voté contre la rémunération de Patrick Kron, l’ancien PDG du groupe industriel français. Cette dernière culminait à plus de six millions d’euros, dont plus de quatre pour avoir vendu l’activité énergie du groupe à General Electric.

 Nouvelle bronca des actionnaires contre le salaire d'un  grand patron. Après la polémique, sur le salaire de Carlos Ghosn, le PDG de Renault, qui a d'ailleurs conduit le gouvernement à légiférer sur la question, ce mardi, ce sont les actionnaires d'Alstom, réunis en assemblée générale qui se sont prononcés contre la rémunération de Patrick Kron.

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Plus de 4 millions de primes pour la vente de l’activité énergie à GE

A 62 % les actionnaires ont voté contre le salaire 2015 de Patrick Kron, de plus de 6 millions et demi d'euros. Dont quasiment 4 millions et demi de primes exceptionnelles pour la vente de l'activité énergie d'Alstom à l'américain General Electric. L'opération pilotée par Patrick Kron est considérée par une partie des actionnaires comme un démantèlement du groupe.

Pas de dividendes en 2016 pour les actionnaires

Les actionnaires sont d'autant plus attentifs à la rémunération de l'ancien PDG,  qu'ils doivent cette année se passer de dividendes malgré les trois milliards de bénéfices réalisés par Alstom. A la direction du groupe, les commentaires sont d'ailleurs  assez embarrassés et se bornent à signaler que le conseil d'administration se réunira prochainement. Car c'est bien cette instance qui a pour l' instant le dernier mot en matière de salaire. Et qui pourra donc ou non suivre l'avis des actionnaires. 

Le vote de l’AG n’a qu'une valeur consultative

Comme dans toutes les grandes entreprises, le vote des assemblées générales, s'il est obligatoire, n'est en effet que consultatif. Plus pour très longtemps : la loi Sapin récemment adoptée à l'Assemblée prévoit de rendre contraignant le vote des actionnaires.