Les abattoirs normands AIM sont placés en redressement judiciaire

Les abattoirs AIM à Sainte-Cécile, dans la Manche, le 18 juillet 2013.
Les abattoirs AIM à Sainte-Cécile, dans la Manche, le 18 juillet 2013. ( MAXPPP)

Les emplois de 600 salariés sont menacés.

Les syndicats redoutent à moyen terme un scénario similaire à celui de leur concurrent breton Gad SAS, dont les effectifs ont drastiquement chuté. La justice a décidé, mardi 6 janvier, à Coutances (Manche) le placement en redressement judiciaire des abattoirs normands AIM (Abattoirs industriels de la Manche), qui emploient près de 600 personnes en France, selon l'avocate du comité central d'entreprise, Me Elise Bran. L'entreprise fait l'objet d'une période d'observation de six mois, mais l'état de la trésorerie est tel que seule une cession d'AIM serait envisageable, et non un plan de continuation.

"Trouver des investisseurs"

A l'appel des syndicats CGT, CFDT et CFE-CGC, entre 350 et 500 salariés (selon la police et la CFDT) s'étaient rassemblés devant le tribunal de commerce de Coutances. Au son de cornes de brume, scandant "on veut du boulot", 150 manifestants venus en cars de l'établissement d'Antrain (179 salariés), en Ille-et-Vilaine, ont rejoint ceux du siège de Sainte-Cécile (Manche), qui regroupe l'essentiel des salariés des abattoirs (AIM).

Pour la direction, "on n'en est pas du tout au stade de savoir s'il va y avoir une restructuration industrielle. Il s'agit de demander un redressement judiciaire, pour trouver un ou plusieurs investisseurs sur lesquels s'adosser", a-t-elle fait savoir, précisant qu'elle espérait boucler son tour de table dans les "premiers mois" de 2015. Mais pour Me Élise Bran, "on a déjà fait comprendre aux représentants du personnel que la messe était dite et que le repreneur était déjà trouvé, que la casse sociale serait énorme. C'est déplorable".