Le prix Nobel d'Economie Paul Krugman critique la politique de rigueur budgétaire décidée par Berlin

Paul Krugman, prix Nobel d\'économie 2008
Paul Krugman, prix Nobel d'économie 2008 (AFP/JEFF ZELEVANSKY)

C'est à l'occasion d'une question sur la nomination d'un nouveau patron à la tête de la BCE (Banque centrale européenne) que le très keynésien économiste met en cause les politiques de rigueur décidées notamment par l'Allemagne.

C'est à l'occasion d'une question sur la nomination d'un nouveau patron à la tête de la BCE (Banque centrale européenne) que le très keynésien économiste met en cause les politiques de rigueur décidées notamment par l'Allemagne.

Interrogé par le quotidien Handelsblatt sur une nomination de l'actuel président de la Bundesbank pour succéder à Jean-Claude Trichet, M. Krugman répond: "Le risque pour la zone euro serait considérable."

L'économiste reproche à M. Weber, l'un des favoris pour prendre la tête de la BCE, de ne s'intéresser qu'à la lutte contre l'inflation quitte à mettre en danger la croissance. "Le risque d'une contagion (des difficultés) de la Grèce à l'Espagne et au Portugal jusqu'à l'Italie serait bien plus grand avec un président si conservateur pour la BCE", a encore dit M. Krugman, reconnaissant ne pas connaître personnellement le patron de la Bundesbank.

"Weber s'inquiète de l'inflation même quand il n'y en a pas", a-t-il ironisé, ajoutant: "Si vous cherchez quelqu'un qui veut une inflation de 0% même quand le taux de chômage est à 13%, Weber est votre homme. La BCE doit devenir nettement plus flexible et agressive. Sa politique conservatrice s'explique avant tout par la sensibilité de l'Allemagne", a-t-il aussi analysé.

Et au passage, le prix Nobel, classé à gauche, critique par ailleurs de manière implicite l'orientation de la politique économique allemande, désormais axée sur la rigueur budgétaire. "Ce n'est pas le moment de se faire du souci pour les déficits", a-t-il jugé dans la droite ligne de propos récemment tenus par le président américain Barack Obama. Sur son blog, Krugman n'hésite pas à évoquer une "marche vers une décennie perdue" à propos de cette politique.

Voir aussi les analyses dans le même sens deKrugman (en anglais) sur le New York Times

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