Le groupe laitier français a pris le contrôle le 28 juin du groupe italien, devenant ainsi le n° 1 mondial du secteur

Produits de la marque Parmalat dans un supermarché de Rome
Produits de la marque Parmalat dans un supermarché de Rome (AFP - FILES - ANDREAS SOLARO)

En quelques mois, le propriétaire de nombreuses marques de produits laitiers (Président, Lactel...) a pris les rênes de Parmalat malgré les tentatives du gouvernement Berlusconi pour bloquer le processus.La firme transalpine est valorisée à 4,5 milliards d'euros. Réunies, les deux entités pèseront 14 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

En quelques mois, le propriétaire de nombreuses marques de produits laitiers (Président, Lactel...) a pris les rênes de Parmalat malgré les tentatives du gouvernement Berlusconi pour bloquer le processus.

La firme transalpine est valorisée à 4,5 milliards d'euros. Réunies, les deux entités pèseront 14 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Giuli Tramonti, qui avait réussi à sauver la firme italienne de la faillite en 2003 (avec un endettement de 14 milliards d'euros et 100.000 petits porteurs floués), a annoncé son départ de la présidence de Parmalat.

Détenant depuis le mois de mars près de 29 % de l'italien, dont le capital est très éclaté, Lactalis a imposé ses vues lors de l'assemblée générale réunie à Parme (nord): le français a fait entrer ses neuf candidats au sein du conseil qui compte 11 membres.

Menée dans la plus grande discrétion, conformément aux méthodes de la famille Besnier, propriétaire du groupe français, l'affaire a fortement déplu aux autorités italiennes. D'autant plus qu'à la même époque, LVMH rachetait le joaillier Bulgari et qu'EDF négociait pour prendre le contrôle du groupe d'énergie Edison. De plus, BNP-Paribas, déjà propriétaire de Banca Nazionale del Lavori, s'intéresserait à la Banca Popolare di Milano. Et l'assureur Groupama a des vues sur FonSai. La presse de la péninsule (cité par Libération) a ainsi évoqué un "encerclement" et des "Français qui nous dévorent"...

Le gouvernement Berlusconi a donc tenté d'organiser une contre-attaque. Il sollicite des banques et l'industrie agroalimentaire nationale. Mais en vain. Le 26 avril, le laitier de Laval annonce le dépôt d'une offre publique d'achat (OPA), quelques heures avant l'ouverture d'un sommet franco-italien à Rome... "Le début de la réunion entre Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy est tendu", raconte Libération.

Mais le Cavaliere doit avaler la couleuvre. Et Lactalis peut continuer à tisser sa toile pour avaler Parmalat...

Lors de l'assemblée générale, un petit actionnaire a regretté que les Italiens n'aient pu empêcher le groupe français de s'emparer du "dernier joyau de l'agroalimentaire" national. "Qui met de l'argent a toujours raison", a rétorqué Marco Pedretti, de l'association d'actionnaires Azione Parmalat (Action Parmalat ). Il a souhaité que Lactalis "aide" Parmalat à améliorer sa rentabilité et "rémunère les actionnaires".

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