Le groupe Banque Populaire et Caisse d'Epargne va tester des banquiers à leur propre compte dans des zones rurales

Une agence Caisse d\'Epargne, à Paris, le 10 décembre 2019. 
Une agence Caisse d'Epargne, à Paris, le 10 décembre 2019.  (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Un comité de groupe extraordinaire doit avoir lieu mercredi chez BPCE pour évoquer le projet plus en détails avec les syndicats, indique Les Echos qui, avec Ouest-France, révèle cette information. 

"Ce projet (...) pourrait renforcer notre présence en zone rurale" et "permettre de conserver notre empreinte territoriale lorsque nous ne pourrons plus maintenir une agence." Le groupe Banque Populaire et Caisse d'Epargne (BPCE) va tester dès le mois de mai, dans trois agences bancaires de Bretagne et des Pays de la Loire, un système de banquiers à leur propre compte, ont révélé Les Echos et Ouest-France, mercredi 19 février. 

Objectif : développer "un réseau de conseillers indépendants qui continueraient à conseiller leurs clients sans avoir les charges salariales à supporter", indique Ouest-France, précisant que ces conseillers seraient rémunérés selon leur production et sur des commissions, tout en demeurant "mandataire exclusif de la Caisse d'Epargne." 

"Pour distribuer les produits de la banque, le conseiller devra avoir au moins trois agréments et avoir une expérience de deux ans comme cadre dans une banque ou chez un assureur", poursuit l'article. 

"Ce n'est pas du tout notre ADN"

Interrogé par Ouest-France, la CFDT du groupe a assuré ne pas avoir "de position dogmatique" sur cette pratique, mais être "vigilante". Le syndicat attend notamment la publication, le 25 mars, du rapport d'un cabinet d'experts à ce sujet. Le président du syndicat national des banques CFE-CGC, a quant à lui évoqué "un tsunami dans le monde bancaire". 

"Une ligne rouge est franchie avec ce type de statut d'auto-entrepreneurs dans la banque. C'est la porte ouverte à de nombreuses dérives", alerte pour sa part Frédéric Guyonnet, le président du SNB, cité dans Les Echos. "Les représentants du personnel redoutent notamment que ce nouveau statut pousse davantage à la vente de produits à tout prix, pour faire gonfler les revenus de l'indépendant, plutôt qu'au conseil et à l'accompagnement", poursuit le quotidien économique.

Valérie Lefebvre Haussmann, secrétaire générale de la fédération CGT banque-assurance, citée par Le Parisien, assure pour sa part qu'au sein du syndicat, "on est hyper inquiet pour l'emploi. En fait, la Caisse d'Epargne se décharge de tous les frais liés à l'exploitation de l'agence et reporte le risque sur l'indépendant". "Nous pensons qu'ils vont licencier des salariés pour les reprendre derrière en tant qu'indépendant", renchérit Alain Quesne, du syndicat Sud, dans les colonnes du quotidien. "Ce n'est pas du tout notre ADN, nous sommes une banque mutualiste avec des valeurs humaines et nous ne sommes pas du tout dans l'entrepreneuriat", pointe le syndicaliste, alors que l'article évoque la crainte d'une "ubérisation" du secteur bancaire.

Ainsi, toujours selon Les Echos, un comité de groupe extraordinaire doit avoir lieu mercredi chez BPCE pour évoquer le projet plus en détails avec les syndicats.

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