Le baril de pétrole baisse, mais pas l'essence

(Radio France © France Info)

Pourquoi, alors que le baril de pétrole est passé sous les 100 dollars, le litre d'essence reste-t-il toujours aussi cher à la pompe ? La ministre de l'Economie compte bien réclamer des explications aux grands pétroliers. Qui répliquent que c'est la faute aux taxes et au recul de l'euro.

Très chère essence... Malgré la baisse du baril de pétrole, les prix à la pompe restent encore très élevés. Trop élevés, s'émeut la ministre de l'Economie. Christine Lagarde compte bien demander des explications aux groupes pétroliers.
_ Plus précisément, la ministre s'émeut que la baisse ne soit pas répercutée sur le sans plomb. “Autant le prix du gasoil a fortement baissé, dans les mêmes proportions que le prix du baril, en revanche, sur le SP95 et SP98, la baisse est plus modérée. Je veux arriver à comprendre exactement comment ils m'expliquent cette
différence.” Le ton est sec. Mais pas question pour autant de convoquer les pétroliers à Bercy.

Au pied du mur, les pétroliers se justifient comme ils peuvent. Si la baisse des prix est moins importante qu'attendue, c'est à cause des taxes et du recul de l'euro, explique l'Ufip, l'Union française des industries pétrolières.

En fait, en euros et hors taxes, la baisse des prix à la pompe est “dans la moyenne” de la baisse des prix du brut. Selon l'Ufip, depuis le début juillet, le prix du pétrole brut en euros a baissé de 17%, tandis que celui du gazole hors taxes a baissé de 20% et celui de l'essence hors taxes de 14%.
_ Mais la baisse de l'euro a freiné celle des prix : en chutant de 10%, l'euro a limité la baisse des prix à la pompe de 8 centimes.

Par ailleurs, l'Ufip rappelle que la moitié du prix des carburants à la pompe est composé de taxes - c'est notamment la TIPP, la taxe intérieure sur les produits pétroliers. Cette TIPP est désormais fixe, et non plus flottante. Les hausses et les chutes des cours ne sont plus gommés.

Guillaume Gaven, avec agences