La justice américaine réclame à Deutsche Bank une amende record de 14 milliards de dollars

Un immeuble de la Deustche Bank à Francfort (Allemagne), le 28 janvier 2016.
Un immeuble de la Deustche Bank à Francfort (Allemagne), le 28 janvier 2016. (DANIEL ROLAND / AFP)

La banque allemande est accusée, comme d'autres établissements, d'avoir vendu à des investisseurs des prêts toxiques. Si elle était confirmée, cette amende de 14 milliards de dollars serait la plus importante infligée à une banque étrangère aux Etats-Unis.

C'est un coup très dur pour la banque allemande. Deutsche Bank écope d'une amende record de 14 milliards de dollars aux Etats-Unis pour solder un ancien litige lié aux "subprimes". Signe de l'inquiétude des marchés, la Bourse de Francfort a vivement réagi, vendredi 16 septembre. Après avoir dévissé de près de 8% peu après l'ouverture, le titre du géant de la finance accentuait ses pertes à la mi-journée.

Deutsche Bank est accusée, comme d'autres grandes banques, d'avoir vendu à des investisseurs avant l'éclatement de la crise financière de 2007-2008 des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS). Ce sont des crédits immobiliers convertis en produits financiers toxiques.

Une amende sûrement moins élevée

La banque allemande, impliquée dans près de 8 000 litiges judiciaires dans le monde, a déjà écopé d'une amende de 2,5 milliards de dollars pour manipulations du taux interbancaire Libor aux Etats-Unis. Si elle était confirmée, cette amende de 14 milliards serait la plus importante jamais infligée à une banque étrangère aux Etats-Unis. Le français BNP Paribas détient actuellement la palme, avec 8,9 milliards de dollars, écopés en 2014 pour avoir violé des embargos américains.

De nombreux analystes ne croient pas toutefois que Deutsche Bank devra débourser une telle somme. L'amende ne s'élèvera "probablement pas à 14 milliards de dollars, si l'on compare avec les autres banques également actives dans ces activités. On table plutôt sur 5 milliards de dollars", commente l'analyste Robert Halver, chez Baaderbank.

La banque a déjà fait savoir dans un communiqué qu'elle n'avait "pas l'intention de solder ces potentielles requêtes civiles au montant proche du chiffre cité". Le DoJ, département de la Justice américain, l'a invité à soumettre une contre-offre, a précisé Deutsche Bank, soulignant que les négociations "viennent seulement de commencer".

Vous êtes à nouveau en ligne