La guerre en Libye va contraindre les pays membres de l'AIE à puiser dans les réserves stratégiques de pétrole

Traders de pétrole, à New york, le 20 juin 2011
Traders de pétrole, à New york, le 20 juin 2011 (Spencer Platt/Getty:AFP)

Cette décision exceptionnelle vise à contrer les menaces de "pénurie" à l'entrée de l'été dans l'hémisphère nord.Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie, Nobuo Tanaka, a indiqué que l'AIE a mis sur le marché "60 millions de barils de pétrole sur une période d'un mois".

Cette décision exceptionnelle vise à contrer les menaces de "pénurie" à l'entrée de l'été dans l'hémisphère nord.

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie, Nobuo Tanaka, a indiqué que l'AIE a mis sur le marché "60 millions de barils de pétrole sur une période d'un mois".

Ceci "afin de répondre aux perturbations affectant l'approvisionnement en pétrole en provenance de Libye", qui ont privé le marché à fin mai de 132 millions de barils de pétrole brut, a-t-il ajouté.

L'agence, créée après le premier choc pétrolier, n'a touché à ses stocks stratégiques qu'à deux reprises, après l'invasion du Koweït par l'Irak en 1990 et après l'ouragan Katrina qui avait frappé les Etats-Unis en 2005.

Outre la "poursuite de la crise libyenne", l'agence invoque la perspective d'une forte hausse de la demande de pétrole alors que s'ouvre la "saison automobile" dans l'hémisphère nord, allusion aux migrations estivales aux Etats-Unis et en Europe.

Immédiatement après cette annonce de l'AIE, les cours du pétrole se sont fortement repliés, lâchant plus de 8 dollars à Londres et près de 6 dollars à New York. Le baril de Brent de la Mer du Nord continuait toutefois d'évoluer non loin du niveau élevé de 110 dollars.

"L'AIE a totalement pris par surprise les investisseurs avec cette décision qui est une tentative pour faire baisser les cours", trop élevés aux yeux des pays consommateurs, a relevé Myrto Sokou, analyste du courtier Sucden.

Cette décision résulte également de l'échec le 9 juin à Vienne, des pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à s'entendre sur un relèvement de leurs quotas de production, fixés depuis janvier 2009 à 24,84 millions de barils par jour (mbj).

Dans le détail, les 28 membres de l'AIE, qui regroupe les pays industrialisés, libèreront 2 millions de barils par jour pendant une période de 30 jours, les premiers barils extraits des réserves stratégiques devant arriver sur les marchés à partir de la fin de la semaine prochaine.

Les Etats-Unis participeront à cet effort à hauteur de 50%, les pays européens de 30% et les pays asiatiques de 20%.

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