La banque a révélé jeudi avoir été victime de transactions illégales qui pourraient lui faire perdre 1,4 md d'euros

Bâtiment de la banque suisse UBS à Londres
Bâtiment de la banque suisse UBS à Londres (AFP - Ben Stansall)

Le trader soupçonné d'être à l'origine de la fraude, Kweku Adoboli, 31 ans, travaille au département ETF (Exchange Traded Funds, montages financiers adossés à l'évolution d'un indice boursier), d'UBS à Londres. Il a été arrêté.L'information a fait l'effet d'une bombe dans le monde de la finance.

Le trader soupçonné d'être à l'origine de la fraude, Kweku Adoboli, 31 ans, travaille au département ETF (Exchange Traded Funds, montages financiers adossés à l'évolution d'un indice boursier), d'UBS à Londres. Il a été arrêté.

L'information a fait l'effet d'une bombe dans le monde de la finance.

A la Bourse de Zurich, le titre UBS a terminé la séance en chute de 10,80 % à 9,75 francs suisses, dans un marché en hausse de 0,29 %.

Selon le géant bancair, les clients ne devraient pas souffrir du scandale. "Les fondamentaux (...) ne sont pas menacés", a-t-elle affirmé.

La perte efface de fait les 2 milliards de francs suisses (1,65 milliard d'euros) d'économies qu'UBS espérait dégager grâce à un programme de réduction des coûts annoncé en août. Un plan qui devrait se traduire par la suppression de 3500 emplois (sur un total de 65.700). Les comptes du troisième trimestre risquent de se trouver plombés par cette affaire, a précisé la banque. Résultat: celle-ci, qui avait subi sa dernière perte au 3e trimestre 2009, pourrait enregistrer un résultat négatif de 500 millions de francs suisses (414 millions d'euros).

Pour plusieurs analystes, cet affaire pourrait coûter son poste aux patrons de la banque d'investissement. "Même si le montant n'est pas si énorme, il y a de nouveau une perte de confiance qui jette une lumière défavorable sur UBS. Avec cela, la banque perd une partie du crédit qu'elle avait regagné.

Il y a trois ans, celle-ci avait essuyé de très grosses pertes dans les "subprimes" américains et les autorités hélvétiques avaient alors volé à son secours, au grand dam de nombreux contribuables suisses. Elle avait ensuite perdu de nombreux clients, qui avaient préféré placer leur argent dans un autre établissement.

A peine remise de cette affaire, UBS a dû fait face à un grave problème d'évasion fiscale aux Etats-Unis, où la banque a aidé des contribuables américains à investir leur argent à l'étranger, en toute illégalité. La banque a été obligée de divulguer les noms de plusieurs milliers de clients américains et de payer une amende de 780 millions de dollars.

D'une manière générale, cette affaire rappelle celle vécue par la Société Générale en 2008: un trader, Jérôme Kerviel, fut accusé d'avoir fait perdre 4,9 milliards d'euros à l'établissement en effectuant des transactions hors normes.

Le trader soupçonné d'être à l'origine du scandale, Kweku Adoboli, restera en prison jusqu'à sa prochaine comparution devant la justice le 22 septembre, a décidé vendredi un tribunal londonien à l'issue d'une première audience. L'homme de 32 ans, qui a pleuré en écoutant la décision du tribunal, a été inculpé d'"abus de position et fraude comptable". D'après l'acte d'accusation, la première fraude présumée remonterait à 2008.

Selon la presse britannique, Kweku Adoboli a fait une carrière rapide au sein de la branche londonienne d'UBS, où il était apparemment apprécié par ses collègues. Selon le propriétaire d'un de ses précédents logements, il louait le logement 1000 livres (1140 euros) la semaine.

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