L'Europe a ouvert la porte lundi à un rééchelonnement de la dette grecque

La ministre de l\'Economie, Christine Lagarde
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde (AFP - ERIC PIERMONT)

"Réunis à Bruxelles, les ministres européens des Finances ont sans surprise donné leur feu vert à un plan d'aide au Portugal prévoyant 78 milliards de prêts octroyés conjointement avec le FMI.Quant à la Grèce, pour qui la communauté internationale a déjà promis 110 milliards d'euros sur trois ans, le délai du prêt pourrait être prolongé.

"Réunis à Bruxelles, les ministres européens des Finances ont sans surprise donné leur feu vert à un plan d'aide au Portugal prévoyant 78 milliards de prêts octroyés conjointement avec le FMI.

Quant à la Grèce, pour qui la communauté internationale a déjà promis 110 milliards d'euros sur trois ans, le délai du prêt pourrait être prolongé.

"Nous sommes favorables à ce que le délai (donné à la Grèce pour rembourser ses dettes) soit prolongé, qu'on leur donne plus de temps", a déclaré la ministre autrichienne, Maria Fekter. Les créanciers privés, qui s'associeraient à cette mesure, seraient "bienvenus" a-t-elle ajouté.

Ce scénario serait une restructuration "douce" de la dette mais les marchés financiers parient, eux, sur une restructuration "dure" qui verrait la Grèce renoncer à rembourser une partie de son énorme dette, qui atteint 150% du Produit intérieur brut national.

Une autre idée, serait d'accorder de nouveaux prêts en faveur d'Athènes en plus de ceux promis l'an dernier. Mais un nouveau geste impliquera dans tous les cas de nouveaux efforts d'Athènes.

"Les Grecs doivent s'aider eux-mêmes avant de demander de l'argent supplémentaire", a commenté Maria Fekter, soulignant notamment le "très haut potentiel de privatisations" du pays.

Mario Draghi futur président de la BCE
Jean-Claude Juncker, le chef de file des ministres de la zone euro a annoncé que la Grèce s'était engagée lundi soir à prendre des mesures supplémentaires pour tenir ses objectifs de réduction de déficit en accélérant notamment son programme de privatisations

Il a également annoncé que la zone euro soutient la candidature de Mario Draghi à la tête de la BCE. Il doit être nommé officiellement fin juin lors du prochain sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro. "Mario Draghi sera le nouveau président de la BCE, il jouit d'une réputation internationale et européenne excellente, il a su prouver qu'il est fortement attaché à l'euro, à l'Union économique monétaire, à l'UE et sa construction et son intégration", a encore commenté M. Trichet.
M. Trichet, dont le mandat s'achève fin octobre, sera resté huit ans à la tête de l'institut monétaire de Francfort.

La place vide de Dominique Strauss-Kahn
Le grand absent de la réunion était bien sûr Dominique Strauss-Kahn, dont un juge new-yorkais a décidé le maintien en prison lundi suite à une inculpation pour agression sexuelle. Une affaire dont plusieurs ministres ont tenté de minimiser les conséquences pour la zone euro.

M. Juncker s'est dit "profondément triste" et "déçu" par l'affaire DSK.

Dominique Strauss-Kahn a toutefois joué un rôle personnel clé pour faire avancer les programmes d'aide dans la zone euro, et était considéré comme un allié d'Athènes dans les tractations en cours pour un nouveau coup de pouce financier.

En pleine crise de l'euro, l'identité de son successeur pourrait s'avérer cruciale, et certains pays ont déjà ouvert le débat en plaidant pour que le siège reste occupé par un Européen.

Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a ainsi jugé "préférable que l'Europe continue à occuper ce poste", tandis que la chancelière allemande, Angela Merkel, a évoqué "de bonnes raisons pour dire que l'Europe a de bons candidats".