Prélèvement à la source : un barbier parisien a anticipé le choc psychologique

Sarah Daniel Hamizi, présidente et fondatrice de l’enseigne À la Barbière de Paris
Sarah Daniel Hamizi, présidente et fondatrice de l’enseigne À la Barbière de Paris (Didier Pazery)

L’enseigne "À la Barbière de Paris" emploie 40 salariés dont des jeunes qui vont payer l’impôt sur le revenu pour la première fois. Pour les préparer au retrait d’une part de leur salaire, la PME a fait apparaître une ligne supplémentaire sur leur bulletin.

Près de 16 millions de contribuables sont concernés par la grande nouveauté fiscale de 2019 : le prélèvement à la source. Pour les salariés, les premiers prélèvements auront lieu sur les salaires de janvier, donc à la fin du mois prochain.  À la Barbière de Paris, on prend soin des hommes, on taille les barbes, les boucs et les moustaches, on sublime le poil en tout genre... Mais on prend aussi très au sérieux le prélèvement de l'impôt à la source.

Une ligne supplémentaire sur le bulletin pour anticiper le choc

Depuis octobre, la PME a fait apparaître une ligne supplémentaire sur les bulletins de salaire afin de préparer psychologiquement ses 40 salariés. "Sur ce bulletin, on peut voir une ligne juste en bas, avant le net à payer, ‘prélèvement à la source’, avec le montant et le coefficient qui correspond à sa tranche d’imposition, explique Sandrine Objois, la directrice adjointe de l’enseigne. Par exemple un salarié va savoir que, dès janvier 2019, il aura 80 euros en moins sur son net à payer."   

Dans cette PME, la majorité des salariés a moins de 25 ans. Certains vont payer l'impôt sur le revenu pour la première fois en 2019. Pour éviter tout effet de surprise, les managers - comme Margaux - ont été aussi mis à contribution. "On s’y est pris par petits groupes et ensuite certains sont venus nous voir d’eux-mêmes pour poser certaines questions. Par exemple : est-ce que j’aurais moins d’argent ? Voilà la question typique. On a des jeunes qui ont 19 ans  donc c’est les premiers impôts qu’ils vont payer. Je leur ai expliqué qu’en fait, là c’est l’employeur qui va reverser l’impôt directement à l’État donc qu’au final ça revient au même que si c’était eux." 

"L’État nous impose cette fonction qui n’est pas au départ la nôtre"

À première vue, le message est bien passé. Le prélèvement à la source n'a plus de secret pour Marine, jeune barbière de 22 ans : "Le prélèvement à la source ça permet en fait aux impôts d’être prélevés directement sur notre salaire. Pour moi, ça va se traduire par une trentaine ou une cinquantaine d’euros en moins par mois du coup sur ma fiche de paye. Ça va dépendre de mes primes."   

Mais est ce que tout va bien se passer pour autant ? Sarah Daniel Hamizi, présidente de la Barbière s'interroge : "Vous savez quand vous ponctionnez de l’argent sur une paye, quel que soit le salarié que vous avez en face de vous, quand bien même il a été averti, il y a une interrogation. Il y a quelque chose qui se passe psychologiquement dans sa tête. Est-ce que tout le monde va l’accepter ? Je ne sais pas. Je ne suis pas dans la tête de mes salariés. Je suis dans la mienne et je me dis que je vais avoir plus de boulot. L’État nous impose cette fonction qui n’est pas au départ la nôtre". C'est donc avec un peu d'inquiétude que les payes de janvier seront versées.

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