Pétition, lettre ouverte, lobbying… Les petits patrons se mobilisent contre le prélèvement à la source

Capture d\'écran de la pétition mise en ligne sur Change.org par l\'U2P.
Capture d'écran de la pétition mise en ligne sur Change.org par l'U2P. (CHANGE.ORG)

Deux organismes, l'Union des entreprises de proximité (U2P) et la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), lancent une campagne contre cette réforme, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2019.

Ils ne veulent pas de cette réforme et le font savoir. A six mois de l'entrée en vigueur du prélèvement à la source, une réforme qui obligera les entreprises à collecter l'impôt, les petits patrons se mobilisent pour faire reculer le gouvernement. Selon un sondage Ifop pour la banque UFF publié mercredi 27 juin par Le Parisien, 49% des dirigeants de très petites entreprises (TPE) ne se sentent pas prêts à appliquer cette réforme.

Franceinfo passe en revue les différents moyens déployés.

Une pétition sur Change.org

En mars, l'Union des entreprises de proximité (U2P) a mis en ligne une pétition intitulée #Chacunsonjob sur Change.org. "Nous sommes chefs d'entreprise. Gérer les feuilles d'impôts, c'est pas notre boulot", clame le visuel qui accompagne le texte. "Alors que l’urgence consiste au contraire à alléger les charges et les formalités qui pèsent sur les entreprises artisanales, commerciales et libérales, cette mesure va leur imposer purement et simplement, sans aucune contrepartie, une tâche qui était jusque-là du ressort exclusif de l’Etat", développe le texte.

Outre cette lourdeur administrative, qui s'accompagnera de coûts s'il faut changer les logiciels de gestion, l'U2P met en avant l'argument de la vie privée. "Confier le prélèvement de l’impôt aux entreprises va mettre les employeurs en position de s’immiscer dans la vie privée de leurs salariés, qu’ils le veuillent ou non", expose-t-il. La pétition a été signée par plus de 11 000 personnes.

Une lettre ouverte à Emmanuel Macron

La Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) a elle choisi d'écrire directement au président de la République et au Premier ministre, dans une lettre ouverte publiée dans les pages publicités du Parisien. "Nous refusons de collecter l'impôt sur le revenu, d'y consacrer une semaine de paperasse par an, car nous voulons faire avancer nos chantiers, de remplacer, une nouvelle fois, nos logiciels informatiques, car nous voulons investir dans nos outils de production, de nous immiscer dans la vie privée de nos salariés, car nous voulons préserver la confiance au sein de nos équipes", énumère le texte.

Du lobbying auprès des parlementaires

Dans son communiqué du 25 juin, la Capeb annonce également son intention d'aller faire du lobbying auprès des parlementaires. "La Capeb est mobilisée sur l’ensemble du territoire pour faire valoir ses arguments et défendre ses revendications. Une campagne de sensibilisation des parlementaires va notamment être lancée", indique le texte, sans plus de précision.

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