La suppression de la taxe d'habitation est une mesure "mal évaluée et mal préparée", dénonce l’Association des maires de France

Le gouvernement envisage de mettre en œuvre d\'ici 2020 la suppression totale de la taxe d\'habitation. 
Le gouvernement envisage de mettre en œuvre d'ici 2020 la suppression totale de la taxe d'habitation.  (MAXPPP)

André Laignel, premier vice-président exécutif de l'Association des maires de France a réagi vendredi sur franceinfo à la suppression totale de la taxe d'habitation, que le gouvernement envisage de mettre en œuvre d'ici 2020. Pour lui "c'est du bricolage". 

A la suite des déclarations contradictoires de Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, Bruno Le Maire a assuré qu'il n'y aurait "pas de nouvel impôt pendant le quinquennat", malgré la suppression totale de la taxe d'habitation, que le gouvernement envisage de mettre en œuvre d'ici 2020.

Une mesure source de "beaucoup d'injustices" 

Invité de franceinfo vendredi 12 janvier, André Laignel, premier vice-président exécutif de l'Association des maires de France, président du Comité des finances locales et maire PS d'Issoudun (Indre), a dénoncé une forme de "bricolage"

"Il y a eu déjà beaucoup de discours contradictoires et tout cela démontre que c'est une mesure qui a été mal évaluée, mal préparée et qui en voulant supprimer des injustices va en créer beaucoup d'autres", a estimé André Laignel. "A l'arrivée, ce sera plusieurs dizaines de milliards qui seront concernés et personne ne peut croire que l'État va faire son deuil de ces dizaines de milliards."

Un manque à gagner qu'il faudra compenser

Le Comité des finances locales va se réunir mardi prochain "pour faire des propositions au gouvernement pour compenser intégralement aux collectivités locales le manque à gagner", a expliqué André Laignel. "Il y a plusieurs hypothèses qui sont de redistribuer entre les collectivités territoriales un certain nombre d'impôts locaux existants, mais aussi éventuellement d'appuyer sur un impôt national existant ce qui manquerait pour compenser le manque à gagner."

Le Conseil constitutionnel a affirmé qu'il faudrait que cette perte soit "compensée intégralement pour les collectivités territoriales". Aujourd'hui, le gouvernement "est face à cette difficulté. Il ne faut pas que ce soit les Français qui en fassent les frais, mais il ne faut pas non plus que ce soit les collectivités territoriales", a insisté André Laignel.

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