"Les bons payent toujours pour les mauvais" : les amendes de stationnement iront jusqu'à 50 euros au 1er janvier à Paris

Les agents chargés de la verbalisation présentent leur appareil pour dresser les forfaits post-stationnement, à Paris, le 6 décembre 2017.
Les agents chargés de la verbalisation présentent leur appareil pour dresser les forfaits post-stationnement, à Paris, le 6 décembre 2017. (MAXPPP)

À partir du 1er janvier, les municipalités pourront fixer elles-mêmes le montant des pénalités en cas d'infraction. À Paris, les amendes, dressées par des entreprises privées, pourront atteindre 50 euros.

C'est un grand bouleversement qui attend une bonne partie des automobilistes français. À partir du 1er janvier 2018, les municipalités vont pouvoir fixer librement le montant des pénalités en cas d'infraction de stationnement. Fini donc l'amende unique à 17 euros sur tout le territoire. À Paris, par exemple, elle est remplacée par le Forfait post-stationnement (FPS), qui pourra atteindre 50 euros dans certains arrondissements du centre de la capitale. La gestion de ces redevances est confiée à des entreprises privées, qui terminent de tester leur matériel dans les rues de Paris.

De 35 à 50 euros d'amende par infraction

Les 108 nouveaux agents de la société Moovia sont en plein rodage pour être opérationnels. Désormais, cette entreprise privée est chargée de contrôler le stationnement dans les rues des six arrondissements du nord de Paris. Il suffit à ces agents de s'identifier par un numéro et un code secret : ils sont prêts à sillonner la capitale.

Amine Duny teste ainsi son appareil de contrôle tout neuf, une sorte de téléphone portable plein de technologies, juste derrière la place de la République, dans le 10e arrondissement. "Je vais scanner la vignette Crit'Air, l'appareil m'affiche l'immatriculation de la voiture et me précise qu'elle n'a pas de ticket", détaille l'agent de contrôle. C'est donc parti pour dresser un forfait post-stationnement, de 35 euros pour un tarif réduit à 50 euros pour le tarif plein.   

Entre 30 et 35 secondes pour chaque redevance

Amine ne s'attarde pas sur son FPS et passe déjà à une autre voiture. Le système est en effet conçu pour être très productif. "Ça prend entre 30 et 35 secondes pour établir le FPS", assure Gabriel Bartholy, contrôleur chez Moovia. L'entreprise utilise même les caméras de vidéosurveillance, la cartographie des rues ou la géolocalisation de ses agents pour un meilleur rendement.

Les premiers tests sont très satisfaisants en matière de rentabilité. "Le nombre de FPS que l'on peut faire est considérable", affirme Rémy Harroué, responsable du programme.  "On va inciter l'usager à régler son stationnement", se réjouit-il. 

Lutter contre les voitures ventouses 

Les automobilistes sont donc prévenus : la chasse aux voitures mal stationnées est ouverte. Hubert va ainsi devoir changer ses habitudes : "Je vais finir par payer, je prendrai une carte pour éviter de payer ces impôts indirects !", explique celui qui admet ne pas prendre de ticket quand il va chez le médecin pendant 15 minutes. "C'est nourrir l'Etat alors qu'il y a des économies à faire ailleurs !"

La ville de Paris souhaite aussi lutter contre les 80 000 voitures ventouses qui bloquent des places de stationnement dans Paris. Si Denis, riverain du 19e arrondissement, le constate particulièrement avenue de Flandre, il est désabusé par le nouveau système : "Les bons payent toujours pour les mauvais." Les automobilistes disposent cependant d'un peu de répit : le 1er janvier étant férié, ils pourront souffler avant de payer leur stationnement puisque les agents ne seront sur le terrain qu'à partir du 2 janvier.

A partir du 1er janvier, Paris fixe elle-même le prix de ses amendes de stationnement : le reportage de Benjamin Mathieu
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