Vincent Drezet : le prélèvement de l'impôt à la source "est source d'une grande complexité pour le contribuable"

Vincent Drezet, secrétaire général du syndicat Solidaires Finances
Vincent Drezet, secrétaire général du syndicat Solidaires Finances (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Michel Sapin a confirmé la mise en place du prélèvement de l'impôt à la source. Vincent Drezet, secrétaire général du syndicat Solidaires Finances, rappelle que "la vraie complexité, la vraie réactivité, elle se pose d'abord pour le contribuable, ensuite pour l'administration fiscale".

Le ministre de l'Economie et des Finances, Michel Sapin présentait mercredi 28 septembre au matin le projet de loi de finances pour 2017, le dernier du quinquennat de François Hollande. Il prévoit notamment un passage du déficit à 2,7% du PIB et confirme la mise en place du prélèvement de l'impôt à la source. Une mesure jugée par Vincent Drezet comme "source d'une grande complexité pour le contribuable". Le secrétaire général du syndicat Solidaires Finances publiques était l'invité de franceinfo.

Franceinfo : Qu'est-ce que change le prélèvement de l'impôt à la source pour le contribuable ?

Vincent Drezet : C'est une petite révolution culturelle pour le contribuable puisque l'idée du prélèvement à la source, c'est d'avoir un prélèvement contemporain, c'est-à-dire un prélèvement en temps réel sur ses revenus. Simplement, on le sait, il y a beaucoup de changements de situations, ça peut être une naissance, ça peut être une séparation, ça peut être une baisse de revenu et tout ça implique d'être très réactif dans le suivi de son impôt sur le revenu parce que si on ne l'est pas, on peut se retrouver l'année qui suit, après le dépôt de la déclaration, avec une régularisation à la baisse ou alors à la hausse, et on verra à ce moment-là que cette petite révolution culturelle est source d'une grande complexité pour le contribuable.

Faut-il être fiscaliste pour comprendre le prélèvement de l'impôt à la source?

Fiscaliste je ne sais pas mais en tout cas réactif, c'est sûr. C'est à dire qu'aujourd'hui, on verse des acomptes, on a une déclaration et puis on a une régularisation. Là, c'est une gestion qui se veut en temps réel mais qui en réalité ne sera pas véritablement en temps réel. Mais l'enjeu pour le contribuable ce sera de suivre cela presque au jour le jour ou de mois en mois pour éviter d'avoir, soit à trop payer, soit à ne pas assez payer et avoir une régularisation l'année qui suit.

Est-ce qu'il faudra donner toutes les infos concernant notre vie privée à notre employeur?

Non, pas du tout et c'est pour cela que l'argument du Medef doit être relativisé. L'employeur va recevoir, via la dématérialisation, un taux à appliquer sur la fiche de paie. Mais simplement, ce qui est vrai c'est que ce taux peut bouger en fonction des changements de situation. La vraie complexité, la vraie réactivité, elle se pose d'abord pour le contribuable, ensuite pour l'administration fiscale, qui dès lors qu'elle aura une information sur un changement de situation devra recalculer l'impôt, et ensuite transmettra le nouveau taux à l'employeur. On voit que c'est un jeu à trois qui n'est pas simple.

Vincent Drezet, secrétaire général du syndicat Solidaires Finances : le prélèvement de l'impôt à la source "est source d'une grande complexité pour le contribuable"
--'--
--'--