Maintien du prélèvement à la source : les entreprises n'ont "jamais été entendues"

François Asselin, président de la CPME, le 23 mai 2017, à l\'Elysée, à Paris.
François Asselin, président de la CPME, le 23 mai 2017, à l'Elysée, à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), a fait part, mardi soir sur franceinfo, de sa déception après l'annonce par le Premier ministre du maintien du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu.

"C'est une tâche qui ne nous concerne pas, mais qu'il va falloir assumer avec la responsabilité associée." Le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) s'est résigné à voir le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu entrer en vigueur en janvier 2019, après l'annonce de son maintien par le Premier ministre Edouard Philippe, mardi 4 septembre. François Asselin a expliqué, sur franceinfo, que les entreprises n'ont "jamais été entendues" sur les contestations concernant "la place réservée à l'entreprise et aux entrepreneurs dans ce dispositif".

franceinfo : Les hésitations du gouvernement pouvaient vous amener à espérer un délai pour la mise en place de la réforme. Êtes-vous déçu après ?

François Asselin : Nous sommes déçus depuis le début de cette réforme puisque nous n'avons jamais été entendus. Nous avons tout le temps contesté la place réservée à l'entreprise et aux entrepreneurs dans ce dispositif. Nous allons être transformés en collecteurs d'impôt pour nos salariés. C'est une responsabilité supplémentaire et beaucoup de travail de mise en place dans nos entreprises. De plus, on nous avait dit que les logiciels mis en place n'entraîneraient pas de surcoût. Que nenni ! Nous recevons dans toutes les entreprises des devis de mises à jour des logiciels. Ce n'est absolument pas gratuit.

Est-ce que vous serez prêts ?

Il faudra bien que nous soyons prêts. Il y aura des bugs, c'est évident. C'est normal qu'il y ait des bugs, vu le nombre de contribuables et d'entreprises concernés. En France, il y a près d'1,7 million d'entreprises qui ont au moins un salarié, ce qui fait autant de collecteurs d'impôts supplémentaires qui vont devoir faire le boulot à la place de l'administration fiscale.

On va donc vers un vrai problème selon vous ?

Nous n'allons pas vers un vrai problème. Il y aura des mises au point, c'est tout à fait normal. Il y aura des bugs, il faudra les corriger. On nous dit que l'administration fiscale sera bienveillante, heureusement ! Mais quand tout cela sera derrière nous, dans deux ou trois ans, si dans votre entreprise vous avez un problème informatique (...), que va-t-il se passer pour l'employeur ? Est-ce que vous croyez qu'il y aura la même bienveillance ? Généralement avec l'administration fiscale, vous commencez par payer les pénalités et vous discutez après. C'est une responsabilité qui n'est pas la nôtre et qui nous est imposée. C'est une tâche qui ne nous concerne pas, mais qu'il va falloir assumer avec la responsabilité associée.

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