En délicatesse avec le fisc, un député et un sénateur s'expliquent

Le député Lucien Degauchy (à gauche) et le sénateur Philippe Marini (à droite).
Le député Lucien Degauchy (à gauche) et le sénateur Philippe Marini (à droite). (MAXPPP / FRANCETV INFO)

Soixante parlementaires français seraient actuellement visés par une enquête du fisc, selon "Le Canard Enchaîné". Deux d'entre eux, identifiés et interrogés par "Le Monde", plaident la bonne foi.

"Alors, toi aussi, tu as reçu un courrier de Bercy ?" La question, posée par Lucien Degauchy, s'adresse à l'un de ses collègues députés. L'élu UMP de l'Oise fait partie des "60 parlementaires en délicatesse avec le fisc" annoncés mercredi par le Canard enchaîné. Mais il plaide la bonne foi dans Le Monde, jeudi 23 octobre.

Un compte non-déclaré en Suisse

Lucien Degauchy reconnaît avoir eu un compte non déclaré en Suisse, avec un solde de 100 000 euros. "C'était un héritage, je n'ai d'ailleurs jamais versé un centime dessus, explique-t-il au quotidien. En 1981, au moment où Mitterrand faisait peur à tous les commerçants, mon père, maraîcher, avait ouvert un compte à la Banque cantonale de Genève et l'a mis à mon nom."

L'argent devait servir à ses enfants, "en cas de besoin". En 2013, les serres et récoltes de son fils sont détruites par un orage de grêle. "J'ai pensé que les dernières volontés de mon père allaient pouvoir être exaucées, assure Lucien Degauchy. J'ai régularisé la situation, payé les droits et les pénalités – près de 30 % – et j'ai fermé ce compte. Aujourd'hui, on me reproche de ne pas l'avoir déclaré plus tôt."

Des biens immobiliers sous-évalués

La valeur des biens immobiliers déclarés par le sénateur interroge également la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, chargée de contrôler les déclarations de patrimoine des parlementaires. Philippe Marini rencontre le même problème concernant un appartement du Ve arrondissement à Paris. "Ce bien est dans ma famille depuis les années 1930, et je n'y avais pas prêté vraiment attention", explique le sénateur UMP de l'Oise au Monde. Lui aussi conteste les chiffres corrigés. "On se contente de recopier l'impôt sur la fortune (ISF). Si les chiffres datent, le marché a pu évoluer." Pour lui, il s'agit-là d'un "éternel problème".