Baisse inédite du pouvoir d'achat en 2012

(Maxppp)

-0,8% au quatrième trimestre 2012, -0,4% en un an : c'est la première fois, selon l'Insee qui a publié ces chiffres mercredi matin, que le pouvoir d'achat baisse sur une année depuis 1984.

Du jamais vu depuis trente ans : le pouvoir d'achat a baissé en 2012. Si de nombreux ménages éprouvent le sentiment depuis déjà plusieurs années que le leur est en chute libre, c'est la première fois depuis 1984 et la "rigueur" du septennat Mitterrand, que l'INSEE note que le pouvoir d'achat national a diminué sur un an. Diminution de 0,4 %, mais, ramenée à un niveau individuel, elle atteint 1 % en 2012. Diminution qui s'est accélérée au quatrième trimestre 2012, puisque la baisse s'y établit à 0,8 %. 

Les impôts coupables ?

Ce qui a plombé ainsi le pouvoir d'achat fin 2012, selon l'Institut de la statistique ? "La forte hausse des impôts sur le revenu et le patrimoine " (+7% au quatrième trimestre, +4% au troisième) et l'accélération des "cotisations sociales à la charge des salariés " (+2% au quatrième trimestre), écrit l'Insee.

"Le chômage augmente, donc les revenus baissent. Et on augmente les impôts ! On a rien compris , corrobore l'économiste Marc Touati. "Pour inverser la tendance, il faudrait restaurer la croissance, mais ça ne dépend pas que de nous. Donc à court terme, le seul moyen de restaurer un peu de pouvoir d'achat à tout le monde , argumente-t-il, c'est de baisser les impôts, la CSG notamment. Mais pour ça il faut aussi baisser la dépense publique. Et personne n'a ce courage politique ". 

Une faible hausse des salaires

Pour Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des épargnants, la stagnation de masse salariale explique aussi cette baisse du pouvoir d'achat : "les salaires augmentent faiblement, et il y a un nombre croissant de personnes au chômage ". Le chômage, en hausse de 10,8% sur un an, frôle en effet le record historique de 1997. Avec un PIB en baisse de -0,3% au troisième trimestre, selon l'Insee encore, "on va vers la récession ", ajoute Philippe Crevel. 

"L'année 2013 est l'année de tous les dangers"

Les deux économistes sont très pessimistes. Auteur du Dictionnaire terrifiant de la dette qui vient de sortir aux Editions du Moment, Marc Touati, prédit que "l'année 2013 est l'année de tous les dangers. Soit le gouvernement change son fusil d'épaule, soit on risque de rentrer dans une crise sociale ". Quelle sera la stratégie de François Hollande ? Le président de la République sera sans doute attendu sur cette question, lors de son intervention jeudi sur France 2.  

Conséquences de la baisse du pouvoir d'achat

En 2012, les Français ont légèrement puisé dans leur épargne. "On est passé d'une épargne à 16,2% du revenu disponible, à 15,6%" , témoigne Philippe Crevel. Mais le Français reste une fourmi, il a peur de l'avenir ". Ses stratégies : la recherche des petits prix dans la grande distribution et de moindres dépenses en vacances, congés et autres achats jugés superflus. 

 

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