APL : la réforme qui fait polémique

FRANCE 2

La polémique continue concernant la réforme à venir des aides au logement : si le gouvernement assure qu'il n'y aura aucun perdant, les experts, eux, affirment que c'est impossible.

Les aides au logement changeront bientôt de mode de calcul, et cela fait polémique. Par exemple, pour les APL, les revenus pris en compte pour juger si un locataire peut en bénéficier ne seront plus les mêmes : aujourd'hui, en 2018, pour faire une demande d'APL, il faut déclarer les revenus de 2016, soit deux ans auparavant. L'année prochaine, en 2019, il faudra déclarer les revenus de l'année en cours.

2,3 millions de foyers bénéficiaires des APL

Selon le gouvernement, la mesure permettra de verser les APL en temps réel à ceux qui en ont besoin, comme le justifie Julien Denormandie, secrétaire d'État auprès du ministère de la Cohésion des territoires : "Prenons une femme qui a deux enfants : il y a deux ans, elle travaillait à temps plein, aujourd'hui, elle travaille à mi-temps. Aujourd'hui, elle a moins d'APL que ceux auxquels elle aurait droit. Donc on va changer. Ça, c'est une réforme de structure, ça, c'est une bonne réforme parce que politiquement, c'est juste." À l'inverse, ceux qui ont vu leurs revenus augmenter pourraient perdre immédiatement leurs APL. Ces bénéficiaires qui n'auront plus droit aux aides feront économiser à l'État 1 milliard d'euros.


Pour les opposants à cette mesure, rogner le budget des aides au logement est une mauvaise idée. Selon eux, ces économies se feront au détriment des plus pauvres : "Une fois de plus, le gouvernement fait des économies sur le dos des familles les plus modestes", estime Ian Brossat, adjoint PCF à la mairie de Paris en charge du logement. Aujourd'hui, il y a en France 2,3 millions de foyers bénéficiaires des APL. Une aide sociale qui coûte 8 milliards d'euros à l'État chaque année. La réforme est prévue pour le printemps prochain.

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