Allemagne : les loyers gelés à partir de 2020 à Berlin pour contrer leur flambée

A Berlin (Allemagne), les loyers ont augmenté de 30% en un an. 
A Berlin (Allemagne), les loyers ont augmenté de 30% en un an.  (BRITTA PEDERSEN / DPA-ZENTRALBILD / AFP)

Ce projet, une fois voté, concernera tous les logements anciens du parc privé de Berlin. Les logements sociaux et nouveaux appartements n'ayant pas encore été loués ne seront pas concernés.  

Une décision visant à lutter contre la flambée des prix de l'immobilier. A Berlin, les loyers seront dès 2020 gelés et plafonnés durant cinq ans, selon un document présenté mardi 18 juin par la mairie de la capitale allemande. Car la réputation de "ville pauvre mais sexy" de Berlin paraît de moins en moins justifiée, même si les tarifs y restent encore nettement moins élevés qu'à Paris ou à Londres. Reste que les loyers ont doublé en dix ans et que le manque de logement se fait de plus en plus sentir dans la ville, de plus en plus gentrifiée.

Ce projet devra d'ici octobre être converti en loi, qui pourrait être votée "au plus tard début 2020" et qui concernerait tous les logements anciens du parc privé, soit quelque 1,6 million, selon la mairie. Même en cas de modernisation des appartements, une augmentation du loyer de plus de 50 centimes au mètre carré sera à l'avenir soumise à l'approbation des autorités locales. Les logements sociaux et nouveaux appartements n'ayant pas encore été loués ne seront pas concernés.

Jusqu'à 500 000 euros d'amende

Les locataires estimant leur loyer trop élevé auront le droit de le faire vérifier et de déposer un recours. Il pourra alors être abaissé au "loyer autorisé" par la loi, qui s'appuie sur un indice locatif jusqu'à présent uniquement informatif. Quant aux locataires qui emménagent pour la première fois dans un appartement, ils seront également protégés : seul le dernier loyer en vigueur pourra être exigé si les lieux ne sont pas rénovés. Toute infraction à la loi serait passible d'une amende pouvant atteindre 500 000 euros pour les propriétaires.

Le débat sur l'augmentation des loyers fait rage depuis des mois à Berlin. Vendredi, une pétition avec 77 000 signatures demandant l'expropriation de grands groupes immobiliers possédant plus de 3 000 logements dans la ville a été remise aux autorités. Début avril, des milliers de manifestants avaient à nouveau défilé à Berlin et d'autres villes du pays contre la "folie des loyers". Les Berlinois consacrent en moyenne un quart de leur salaire pour se loger, selon le portail immobilier Immowelt. Seulement 18,4% d'entre eux sont propriétaires de leur logement, l'un des plus faibles taux d'Europe. 

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