Prêt immobilier : renégocier son assurance relève du parcours du combattant

France 3

Les assurances de crédit immobilier sont dans le collimateur de Bercy. Depuis six ans, nous avons théoriquement le droit de faire jouer la concurrence, mais dans les faits, les banques mettraient la pression sur leurs clients et les courtiers pour conserver ces contrats qui leur rapportent de l'argent.

Pour acheter son appartement il y a sept ans, Philippe Chervi contracte un emprunt et l'assurance qui va avec, le tout dans une seule et même banque. À l'automne dernier, il veut faire baisser le montant de son assurance emprunteur et sollicite la concurrence. Ce chef d'entreprise lance alors les démarches pour résilier son contrat. C'est là que le ping-pong commence avec sa banque. Les mails s'enchaînent, demandant à chaque fois un justificatif supplémentaire. De quoi se décourager. La loi est pourtant claire : l'emprunteur peut changer d'assurance à chaque date anniversaire de son crédit.

Des contrats très rentables pour les banques

Mais selon Astrid Cousin, courtier en assurances, les banques multiplient les pressions envers leurs clients, parfois avec une mauvaise foi évidente. Les banques détiennent 9 contrats d'assurance sur 10 et ne veulent pas perdre ce quasi-monopole. La raison : des contrats très rentables avec des marges proches de 90%. Bercy a saisi la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) pour analyser les éventuelles atteintes à la réglementation. Contactée, la Fédération bancaire française (FBF) affirme respecter scrupuleusement la loi. Une nouvelle proposition de loi sera examinée à l'Assemblée au printemps. À la clé, des amendes pouvant atteindre 15 000 euros par dossier.

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