Paris : "Nous avons perdu 20 000 logements qui ont été transformés en meublés touristiques"

Airbnb est une plateforme communautaire de location de logements de particuliers.
Airbnb est une plateforme communautaire de location de logements de particuliers. (MAXPPP)

De plus en plus de logements parisiens sont transformés en meublés touristiques et loués en permanence sur de sites comme Airbnb. Un développement que la mairie de Paris veut freiner, explique Ian Brossat, adjoint à la mairie.  

La fréquentation des logements touristiques proposés par des particuliers sur des plates-formes internet comme Airbnb a augmenté de 30% en 2016, avec 25,5 millions de nuits facturées l'an passé en France, selon une étude publiée mercredi 22 février par l'Insee.

Une progression qui n'a pas que des avantages. "Depuis cinq ans, nous avons perdu 20 000 logements à Paris, qui ont été transformés en meublés touristiques, loués en permanence, au détriment du logement et des classes moyennes parisiennes", a regretté jeudi, sur franceinfo, Ian Brossat, adjoint au logement à la maire de Paris. "On doit veiller à ce que développement ne se fasse pas au détriment des Parisiens qui ont besoin de logements et de tranquillité", a-t-il ajouté.

franceinfo : Quel est le profil du loueur de logements touristiques?

Ian Brossat : Il y a deux grandes catégories de loueurs. Des gens qui louent leur appartement quand ils partent en vacances et ceux qui achètent des immeubles entiers et qui les transforment en hôtel clandestin avec des locations qui sont frénétiques et qui posent un réel problème, parce que ce sont des logements en moins pour les Parisiens.

Y a-t-il une colère des habitants parisiens comme c'est le cas à Lisbonne ?

Oui. Il y a d'ailleurs une association qui a été créée et qui regroupe des riverains mécontents. Je reçois aussi, comme élu, des courriers d'habitants qui me signalent des passages de valises en permanence, qui posent un certain nombre de nuisances.

On doit effectivement veiller à ce que le développement ne se fasse pas au détriment des Parisiens qui ont besoin de logements et de tranquillité.Ian Brossat, adjoint chargé du logement à la mairie de Parisà franceinfo

À quelle fréquence de location se situe l'abus selon vous ?

On considère qu'on a entre 20 000 et 30 000 meublés touristiques illégaux dans la capitale et il faut que nous veillions à ce que cela ne se développe pas et qu'il y ait des condamnations à la clé. Nous avons une équipe de 25 agents de la Ville de Paris qui sont chargés d'effectuer des contrôles avec des opérations coup de poing dans un certain nombre de quartiers. Nous sommes dans l'attente d'un décret qui doit intervenir dans les jours qui viennent et qui concerne le numéro d'enregistrement.

Sans ces locations, le nombre de touristes ne serait-il pas moins important à Paris ?

C'est vrai et c'est la raison pour laquelle il faut trouver un bon équilibre. A la fois permettre aux touristes de venir à Paris, avec cette offre complémentaire permise par les plates-formes, mais cela ne doit pas se faire au détriment du logement. C'est cet équilibre que nous sommes en train de rechercher.

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