Places supplémentaires en hébergement d'urgence : "Ce n'est jamais assez" souligne la directrice d'un centre parisien

Des sans-abris, pris en charge par le Samu social, arrivent en bus dans le centre d\'hébergement d\'urgence La Boulangerie. 
Des sans-abris, pris en charge par le Samu social, arrivent en bus dans le centre d'hébergement d'urgence La Boulangerie.  (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Le ministre chargé de la Ville et du Logement a annoncé, ce mercredi sur franceinfo, le déblocage de 14 000 places supplémentaires en centre d'hébergement d'urgence. Une proposition loin d'être suffisante pour la directrice du centre Le Refuge, dans le 13e arrondissement de Paris.

14 000 places d'hébergement d'urgence supplémentaires vont ouvrir pour l'hiver. C'est ce qu'a annoncé Julien Denormandie, le ministre chargé de la Ville et du Logement, mercredi 30 octobre sur franceinfo. Elles viennent s'ajouter aux 146 000 places ouvertes toute l'année. Mais pour Carole Letourneur, la directrice du centre d'hébergement Le Refuge, dans le 13e arrondissement de Paris, c'est encore trop peu.

"Il y a 300 places sur le centre, plus le dispositif hivernal de 60 places qui ouvre à partir du 1er novembre", explique Carole Letourneur, de l'association La Mie de Pain. Pour elle, les 14 000 supplémentaires sont loin d'être suffisantes : "Ce n'est jamais assez. Ça serait bien que ce soit pérennisé. Pour autant, on ne peut pas pousser les murs. Il faut pouvoir trouver des locaux qui sont mis à disposition par la mairie et les services d'État".

Des conditions extrêmement difficiles

Ce centre d'hébergement du 13e arrondissement accueille uniquement des hommes. "Des jeunes, des personnes plus âgées… Il faut savoir que l'espérance de vie de personnes à la rue, en grande précarité, c'est 45 ans. Ce sont des hommes très abîmés", constate-t-elle. Au fond de la salle, il y a un petit groupe d'hommes, certains sont là depuis plusieurs jours, plusieurs semaines ou plusieurs mois. Ils s'appellent Mohammed, Lebo ou encore Diallo. "Ça fait un an que je dors dans une voiture, elle est glacée", répond l'un d'entre eux. "On dort sur les cartons ou dans le métro", précise un autre sans-abri.

Un Samu social dépassé

Ils sont souvent confrontés au même problème lorsqu'ils appellent le 115 : "Il n'y a pas de place ou ils t'en proposent avec de la saleté, des mauvaises odeurs et moi je refuse ça", explique l'un d'eux. "Ils tiennent toujours le même refrain : 'rappelez demain, rappelez après-demain…' Mais ce n'est pas la faute du 115, il faut une certaine volonté politique et un engagement pour changer", précise son voisin.

Actuellement, les centres d'hébergement sont déjà tous saturés. Chaque jour, plus de 1 500 personnes appellent le Samu social de Paris, sans obtenir de solution.

Des places supplémentaires pour les sans-abri : reportage de Benjamin Illy
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