Petite phrase d'Emmanuel Macron sur les Français en difficulté : "Que ce soit une maladresse ou pas, ça fait mal"

Christophe Robert, secrétaire général de la Fondation Abbé Pierre.
Christophe Robert, secrétaire général de la Fondation Abbé Pierre. (BERTRAND GUAY / AFP)

Après la sortie d'Emmanuel Macron sur les personnes en situation de difficulté qui "déconnent", Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, déplore les propos du président de la République et appelle à ce que "l'apaisement vienne du plus haut niveau de l'Etat".

"Que ce soit une maladresse ou pas ça fait mal", a réagi mercredi matin sur franceinfo Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre après les propos d'Emmanuel Macron. Mardi, le président de la République a assisté au conseil municipal de Gasny, dans l'Eure, et a prononcé cette phrase : "La solution n'est pas dans le face-à-face entre ceux qui profiteraient d'un côté et ceux qui seraient les vaches à lait de l'autre, elle est dans un travail collectif très fin. Les gens en situation de difficulté, on va davantage les responsabiliser car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent."

"Ca fait mal pour tous ces jeunes des quartiers populaires"

"Ça fait mal à tous ceux qui se lèvent le matin pour bosser deux heures et puis deux heures en fin de journée parce qu'on fait des ménages et qu'on habite à 2h30 du lieu où on a trouvé de quoi bosser un petit peu, poursuit Christophe Robert, ça fait mal à ceux qui ont envoyé 1 000 CV et qui se sont vu apporter quelques réponses négatives au mieux." "Ça fait mal pour tous ces jeunes des quartiers populaires à qui on a dit 'faites des études et après vous trouverez un boulot' mais qui se voient stigmatiser parce qu'ils habitent tel quartier ou parce qu'ils sont de telle couleur", insiste Christophe Robert.

Ça fait mal pour ces femmes seules avec enfants qui n'arrivent pas à combiner la garde des mômes et la recherche ou le maintien d'un emploi.Christophe Robertà franceinfo

"Quoi qu'il en soit, maladresse ou pas, ce n'est pas le reflet de ce que nous voyons tous les jours", contraste le délégué général. "La responsabilité d'un exécutif, d'un président de la République c'est de tendre la main, c'est d'apaiser, c'est de faire en sorte de proposer des perspectives à ceux qui n'arrivent pas à s'en sortir. Alors il y a toujours des gens qui sont des tire-au-flanc mais c'est le président de la République."

"Il faut que l'apaisement vienne du plus haut niveau de l'Etat"

"On parle de 8 millions de pauvres, on parle de 6 millions de chômeurs, qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ? A un moment, il faut que l'apaisement vienne du plus haut niveau de l'Etat. Ça c'est quelque chose de fondamental. Parce qu'autrement ça voudrait dire 'Vous là, vous êtes responsables. Vous qui n'êtes pas en capacité d'apporter les vacances à vos enfants, vous êtes responsables de votre situation.'"

"Ce n'est pas comme ça qu'on va s'en sortir et je ne crois pas que ce soit ce que veulent les Français. Nous, on voit la solidarité via le don ou l'engagement bénévole", analyse Christophe Robert. "La France, elle a envie d'égalité et que tout le monde s'en sorte. Il y en a qui pensent que certains profitent mais il ne faut pas que le président parte de ceux qui pensent ça, il faut au contraire qu'il ressoude la société. Stop aux petites phrases et surtout on veut des preuves d'amour, on veut des actes", conclut le délégué général de la Fondation Abbé Pierre.

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