Livret A : "Une forme de compensation" pour le logement social selon la Fondation Abbé Pierre mais qui se fait "sur le dos des épargnants populaires"

Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, le 17 octobre 2017 à l\'Elysée (Paris).
Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, le 17 octobre 2017 à l'Elysée (Paris). (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le nouveau taux du Livret A, qui passe de 0,75% à 0,5% à partir du 1er février, permettra de construire 17 000 logements sociaux supplémentaires et d'en rénover 52 000 chaque année, selon Bruno Le Maire. 

"On dit qu'on va faire baisser le taux pour redonner du souffle aux HLM, c'est une forme de compensation, mais c'est un peu sur le dos des épargnants populaires", estime jeudi 16 janvier sur franceinfo Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, alors que le gouvernement a annoncé la baisse du taux de rémunération du livret A de 0,75% à 0,5% à partir du 1er février.

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Christophe Robert a rappelé que "le modèle économique du logement social est adossé sur le livret A. Donc, dès qu'on produit une baisse du taux, cela donne plus de souplesse dans l'investissement autour du logement social", mais pour lui "cette histoire est bizarre". "Le gouvernement a coupé de façon très forte, depuis 2007, à hauteur de 1,3 milliard d'euros par an dans le budget des HLM (...), donc ces coupes sur la capacité d'investir des HLM ne seront pas compensées par cette baisse du livret A", a-t-il déclaré.

Par ailleurs, pour le délégué général de la Fondation Abbé Pierre "il ne faudrait qu'à terme, il y ait moins d'attractivité de ce livret A, ce qui réduirait la capacité de faire perdurer ce modèle économique du logement social qui marche bien depuis 100 ans", selon lui. "L'épargne populaire, sert le développement du logement social, il faut pas perdre cet équilibre, (...) parce qu’il fait sens au sein du pays", estime Christophe Robert.

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