Le budget consacré aux jeunes sortant de l'aide sociale à l'enfance va passer de 12 à 60 millions d'euros par an

Le secrétaire d\'Etat chargé de la protection de l\'enfance, Adrien Taquet, le 25 avril 2019 à l\'Elysée, à Paris.
Le secrétaire d'Etat chargé de la protection de l'enfance, Adrien Taquet, le 25 avril 2019 à l'Elysée, à Paris. (LAURE BOYER / HANS LUCAS / AFP)

"Un quart des jeunes de moins de 25 ans qui vivent aujourd'hui dans la rue sont passés par l'aide sociale à l'enfance", a souligné le secrétaire d'Etat chargé de la protection de l'enfance, Adrien Taquet, lors de cette annonce, lundi. 

Davantage de moyens pour les jeunes vulnérables. Le budget consacré à l'accompagnement des jeunes majeurs sortant de l'aide sociale à l'enfance (ASE) va passer de 12 à 60 millions d'euros par an, a annoncé le secrétaire d'Etat chargé de la protection de l'Enfance, Adrien Taquet, lundi 6 mai à l'Assemblée nationale. 

Cette annonce est intervenue lors de l'ouverture tardive des débats sur une proposition de loi LREM "visant à renforcer l'accompagnement des jeunes majeurs vulnérables vers l'autonomie". Adrien Taquet a annoncé que l'Etat entendait mobiliser près de 50 millions d'euros supplémentaires "pour accompagner les jeunes et les départements".

"Ce sont ainsi 60 millions d'euros qui seront mobilisés chaque année pour lutter contre les 'sorties sèches' de l'aide sociale à l'enfance (ASE)", a précisé le secrétaire d'Etat, en référence aux jeunes se retrouvant sans ressources à l'âge de 18 ans, après avoir été pris en charge par l'ASE.

Une prise en charge obligatoire avant 21 ans

Adrien Taquet a rappelé qu'"un quart des jeunes de moins de 25 ans qui vivent aujourd'hui dans la rue sont passés par l'ASE". Il estime que la proposition LREM vise à répondre à "l'injustice faite à des milliers de jeunes" car "pour beaucoup, l'âge de la majorité est un couperet, (...) comme le début d'une longue galère".

Via des amendements, la rapporteure Brigitte Bourguignon (LREM) et le gouvernement entendent réécrire l'article premier, pour rendre obligatoire la prise en charge par les départements des majeurs de moins de 21 ans particulièrement vulnérables – difficultés familiales, sociales et éducatives – via un "contrat d'accès à l'autonomie". Cet article a été retravaillé, depuis l'adoption de la proposition en commission en juillet 2018, pour "lui donner ses pleins effets", a affirmé Adrien Taquet. Il a insisté sur le fait qu'"il y a bien une obligation de conclure ces contrats d'accès à l'autonomie", le concours financier de l'Etat aux départements étant, lui, mené dans le cadre d'une contractualisation.

Brigitte Bourguignon, élue du Pas-de-Calais, a souligné qu'à l'heure actuelle, la prise en charge de ces jeunes pouvait se poursuivre sous la forme d'un "contrat jeune majeur" dont près de 21 000 personnes bénéficient. Le "contrat d'accès à l'autonomie" complète ces contrats qui présentent des "lacunes" et font l'objet de "fortes disparités entre les départements", a poursuivi cette figure de l'aile gauche du groupe majoritaire.

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