"Il ne connaît pas le sujet" : Martin Hirsch tacle Jean-Baptiste Eyraud sur l'accueil des sans-abri dans les hôpitaux

Le président de l\'AP-HP, Martin Hirsch, le 17 octobre 2017, à Paris.
Le président de l'AP-HP, Martin Hirsch, le 17 octobre 2017, à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Martin Hirsch, président de l'AP-HP, a répondu, dimanche, aux propos du président de l'association Droit au logement Jean-Baptiste Eyraud, qui le mettait en cause sur les places disponibles pour les sans-abris dans les hôpitaux.

Jean-Baptiste Eyraud, fondateur et porte-parole de l'association Droit au logement, invité sur franceinfo dimanche 4 février, a estimé que "plusieurs milliers voire plusieurs dizaines de milliers de places" pourraient être utilisées pour l'accueil de sans-abri dans "l'ensemble des hôpitaux en France". Jean-Baptiste Eyraud met directement en cause Martin Hirsch, directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Celui-ci s'est défendu, dimanche sur franceinfo, en lançant que le DAL s'intéresse plus aux coups d'éclat qu'à la réalité.

franceinfo : Que répondez-vous à Jean-Baptiste Eyraud qui vous met en cause ?

Martin Hirsch : Je ne pense pas que les vraies réponses l'intéressent. Les coups d'éclat l'intéressent plus que la réalité. On voit qu'il ne connaît pas le sujet. La réalité c'est qu'à l'Hôtel-Dieu, on a donné la priorité aux femmes qui sortent de maternité sans avoir de solution. On a donc travaillé sérieusement avec des associations pour ouvrir une première aile avec des femmes juste après la sortie de maternité, celles qu'on envoyait à la rue autrement. Moi, j'ai annoncé au début de l'année qu'on doublait cette capacité-là donc on arrive aujourd'hui à une centaine de places qui sont ouvertes à l'Hôtel-Dieu.

Pourquoi est-ce qu'on en ouvre pas plus ?

Parce que l'on est en train de faire des travaux pour y remettre des activités hospitalières. Jean-Baptiste Hérault a déjà envahi l'Hôtel-Dieu l'année dernière, on avait trouvé un accord avec lui en lui disant : "Tant que les travaux n'ont pas commencé, vous pouvez utiliser des locaux vides, mais quand on commence les travaux pour de l'hospitalisation, il faudra que vous alliez ailleurs." À ce moment-là, il l'avait compris.

Vous avez dirigé Emmaüs, vous avez travaillé avec l'abbé Pierre, vous savez que les coups d'éclat, les coups de gueule c'est important aussi, non ?

Cela dépend, il faut que les coups d'éclat soient sincères et servent la cause de ceux qu'on veut aider. Donc le coup d'éclat d'aller dans un hôpital, c'est un coup d'éclat qui permet de passer à la radio au moment où il y a le rapport du mal-logement de la fondation Abbé Pierre, mais ça n'aidera pas une seule personne à se loger davantage. Je préfère donc l'action de mes équipes qui travaillent avec des associations. Vous vous rendez compte, on a doublé le nombre de places, tapez sur nous avec une mauvaise foi, ça ne fait pas avancer les causes.