Fin de la trêve hivernale : la pérennisation de 6 000 places d'hébergement "est une avancée, mais c'est insuffisant"

Bernard Devert, président de l\'association Habitat et Humanisme, le 9 décembre 2013.
Bernard Devert, président de l'association Habitat et Humanisme, le 9 décembre 2013. (XAVIER DE TORRES / MAXPPP)

Bernard Devert, président-fondateur de l'association Habitat et Humanisme, a expliqué, dimanche sur franceinfo, la portée psychologique d'une expulsion alors que la trêve hivernale prend fin.

La trêve hivernale prend fin dimanche 31 mars. Les expulsions vont de nouveau être possible à partir de lundi 1er avril. Les centres d'hébergement d'urgence vont fermer, mais 6 000 places d'accueil vont être pérennisées, soit 1 000 de plus qu'en 2018, a annoncé le ministre chargé de la Ville et du logement, Julien Denormandie. Bernard Devert, président-fondateur de l'association Habitat et Humanisme, a répondu aux questions de franceinfo, dimanche matin.

franceinfo : Est-ce que le nombre de places d'accueil pérennisées est une bonne chose ?

Bernard Devert : C'est une avancée, mais c'est insuffisant. Ce qui manque aujourd'hui, c'est de passer des hostilités passives à une véritable hospitalité. La fin de la trêve hivernale est un appel à se mobiliser tous pour refuser la misère. C'est 15 000 personnes qui vont être expulsées par la force publique. C'est 160 000 personnes qui sont concernées par ces mesures.

Faut-il privilégier la qualité de l'accueil à la quantité ?

Cette politique du logement d'abord est une bonne politique, mais elle est malheureusement insuffisante. La question c'est : on construit pour qui ? Il faut pouvoir construire majoritairement pour ceux qui sont dans la plus grande difficulté. Il y a aussi la question de l'aménagement du territoire. Cette métropolisation entraîne des déserts par rapport aux villes moyennes, aux petites villes et aux zones rurales. Tant qu'il n'y aura pas de politique d'aménagement, on se retrouvera dans une situation où l'hiver se termine. Mais, c'est loin d'être un printemps pour des familles en difficulté.

Quelle est la portée psychologique d'une expulsion ?

La rupture de quitter un logement pour se retrouver à la rue est une violence. Les personnes perdent l'estime d'elles-mêmes. Il y a quelque chose de terrible. La politique du logement doit être traversée par une approche d'une vraie hospitalité. Il y a deux types d'accompagnement, un professionnel et celui de bénévoles pour créer du lien.

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