Dans le monde, comment les pays sortent leurs sans-abri de la rue

Dispositif d’accueil temporaire, programme de "logement d’abord"… Dans le monde, des politiques du logement qui permettent de sortir les SDF de la rue.

Sortir les personnes sans-abri de la rue, c’est possible. Certains l’ont fait, notamment à travers leur programme "Housing First". Cette approche du "logement d’abord" est apparue aux États-Unis à la fin des années 1980. Le principe place l’habitation comme un droit humain puis adapte le suivi et la réhabilitation au cas par cas. L’idée est d’accorder la priorité à l’accès au logement plutôt qu’aux hébergements temporaires car le logement pérenne serait la base de la réinsertion sociale, comme l’explique Stephen Gaetz, directeur de "The Homeless Hub" : "On se dit : 'Tout le monde mérite une maison, c’est un droit et, en réalité, les personnes peuvent se réinsérer une fois qu’ils ont une maison'."

Des résultats équivoques

Premier État américain à avoir mis en place cette politique du logement, l’Utah. Le programme "Housing First" a été mis en place en 2004 et a permis de réduire le nombre de sans-abri de 91% en combinant cette méthode avec la construction de logements sociaux. Le maire de Salt Lake County, Ben McAdams, après s’être fait passer pour un sans-abri pendant deux nuits, a été choqué par les conditions de vie en centre d’hébergement. À la suite de cette expérience, il a décidé de réformer le système de refuge de sa ville : il a fait construire une troisième centre d’accueil dans sa ville, des installations à taille humaine et spécifiques pour les adultes seuls, les familles et les toxicomanes. 

Ce modèle a aussi été expérimenté au Canada. Dans la ville Medecine Hat par exemple, plus de 1000 personnes ont été relogées entre 2009 et 2016 grâce à ce programme. La ville compte désormais "zéro sans-abri". 

Autre pays exemple en la matière, la Finlande. Elle est actuellement le seul pays d’Europe à avoir réussi à diminuer considérablement le nombre de sans-abri ces trente dernières années. L’État a lancé son plan "logement d’abord" en 2008. Le pays comptait alors 18 000 SDF contre moins de 7 000 en 2017. L’État a ainsi financé la construction d’environ 30 000 logements sociaux par an et a imposé le principe suivant : réserver les logements aux personnes vivant dans la rue. Une aide sociale est offerte aux sans-abri les premiers mois, puis ils sont accompagnés par les services sociaux jusqu’à ce qu’ils retrouvent un emploi et leur autonomie. 

Un modèle qui s’exporte en France

Dans l’Hexagone aussi, ce modèle s’est importé. Le premier programme "Un chez soi d’abord" a été lancé fin 2010 par le ministère du Développement durable à Toulouse, Marseille, Lille et Paris. Les logements proposés sont sous-loués et ont permis de reloger plus de 700 personnes. Le dispositif devrait de déployer dans seize nouvelles villes d’ici 2022.

À Grenoble, les sans-abri sont relogés temporairement dans une maison inoccupée. Nicolas Antoine a pu en bénéficier : "Je dormais dehors, j'étais dans la rue ! Là, j’ai un toit et il y a du chauffage. J'ai même plus froid." Responsabilisés, les occupants doivent prendre une assurance et ouvrir les compteurs d’eau et d'électricité. "C’est un maison qu’ils gèrent en toute autonomie." indique Alain Denoyelle, adjoint à la mairie de Grenoble. 

Des distributeurs gratuits pour les SDF

Parmi les autres initiatives pour lutter contre le "sans-abrisme", des distributeurs automatiques gratuits. Depuis décembre 2017 à Nottingham, en Angleterre, les sans-abri ont accès à des distributeurs de premières nécessités. "Vous pouvez obtenir de quoi manger ou boire, des chaussettes propres et sèches, un couvre-chef. Ce libre-accès est génial. Je pense que son emplacement est très bien avec son accès 24/24." se réjouit un sans-abri. Il s’agit du premier distributeur pour sans-abri dans le monde. 25 à 30 autres devraient être installés à travers le pays d’ici la fin de l’année.

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