A Paris, près d'un sans-abri sur deux est à la rue depuis plus d'un an, selon une étude

Un sans-abri sur l\'île Saint-Louis à Paris, le 28 décembre 2017.
Un sans-abri sur l'île Saint-Louis à Paris, le 28 décembre 2017. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Ce chiffre est issu d'une étude réalisée lors de la "Nuit de la solidarité", au cours de laquelle 1 700 bénévoles ont recensé 3 035 personnes vivant dans la rue.

Qui sont les sans-abri à Paris ? Combien sont-ils ? L'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) publie mardi 23 octobre son étude sur les sans-abri réalisée lors de la "Nuit de la solidarité", en février. Le 16 février, 1 700 bénévoles avaient dénombré 3 035 sans-abri dans les rues de la capitale et 18 150 personnes accueillies dans des hébergements d'urgence. Voici les principaux résultats de l'étude.

46% des SDF sont à la rue depuis près d'un an

Près de la moitié (46%) des SDF interrogés sont à la rue depuis plus d'un an et 20% d'entre eux le sont depuis plus de cinq ans, relève le rapport. Ces sans-abri sont très majoritairement des hommes (88%).

Capture écran de l\'étude de l\'Apur sur les SDF à Paris, le 23 octobre 2018.
Capture écran de l'étude de l'Apur sur les SDF à Paris, le 23 octobre 2018. (APUR)

De plus en plus de femmes sans-abri

Si les femmes sont minoritaires –environ 365 personnes sondées–, l'Apur remarque "une féminisation de la population à la rue" : en 2012, date de la dernière enquête de l'Insee sur les SDF, les femmes représentaient 2% des sans-abri de l'agglomération parisienne. Le nombre de femmes recensées en février est d'ailleurs "certainement un nombre a minima de la réalité", selon l'association. Car les femmes à la rue adoptent des "stratégies d'invisibilité" : elles essaient plus que les hommes de se cacher pendant leur sommeil, en dormant à l'hôpital ou dans une voiture.

Les femmes sans-abri apparaissent aussi plus vulnérables : seules 12% d'entre elles sont suivies par un travailleur social, contre 28% pour les hommes. Elles sont aussi moins nombreuses à avoir une couverture maladie (21% contre 33% des hommes). Vingt-trois familles, avec 35 enfants, ont également été recensées.

Capture écran de l\'étude de l\'Apur sur la situation des SDF à Paris, le 23 octobre 2018.
Capture écran de l'étude de l'Apur sur la situation des SDF à Paris, le 23 octobre 2018. (APUR)

Peu de recours aux dispositifs d'urgence

Hommes ou femmes, les sans-abri ont peu recours aux dispositifs d'urgence : 45% déclarent n'avoir jamais dormi dans un centre d'hébergement et 65% n'ont même jamais appelé le Samu social, le 115. Ils sont 19% à ne pas connaître ce numéro. Ceux qui en sont informés expliquent leur découragement par plusieurs raisons : le 115 est souvent difficile à joindre, leur a déjà répondu qu'il n'y a pas de place, ou ils évoquent des problèmes d'insécurité ou des vols dans les centres d'hébergement d'urgence.

Capture écran de l\'étude Apur sur la situation des SDF à Paris, le 23 octobre 2018.
Capture écran de l'étude Apur sur la situation des SDF à Paris, le 23 octobre 2018. (APUR)

Un tiers des sans-abri mendie pour vivre

Le rapport détaille également les ressources des sans-abri. Environ un tiers déclare mendier pour vivre et la même proportion perçoit des allocations ou des minima sociaux (respectivement 36% et 34%), 22% font des "petits boulots" et 8% bénéficient de l'aide de proches ou amis. Ils sont également 3% à toucher une pension de retraite et 5% à percevoir un salaire grâce à un travail déclaré. Enfin, 16% des sans-abri parisiens ont moins de 25 ans. Pour ces jeunes, la précarité est souvent récente : 56% d'entre eux sont à la rue depuis moins de trois mois.

Vous êtes à nouveau en ligne